lundi 28 septembre 2020

Les intérêts des travailleurs doivent s'exprimer !


Suppressions d’emplois, plans de licenciements, mises en faillite, fermetures d’entreprises : chaque semaine, des milliers d’ouvriers, d’employés, de techniciens et d’ingénieurs apprennent que leur emploi est menacé et d’autres prennent le chemin de Pôle emploi. Mais le coup de colère qui marque l’actualité, n’est pas venu des ouvriers de l’usine de pneus Bridgestone à Béthune ou d’Inteva, le sous-traitant automobile qui ferme une usine à Saint-Dié. Il est venu des patrons de cafés et de restaurants.


Mercredi dernier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé un nouveau tour de vis sanitaire imposant la fermeture des bars et des restaurants à partir de 22 heures dans de nombreuses métropoles et, à Marseille, leur fermeture totale pendant 15 jours. Le tollé des gérants a été immédiat.

À Marseille, l’annonce a fait l’effet d’un coup de massue pour beaucoup de bistrotiers et restaurateurs de quartier, déjà éprouvés par la période du confinement. Un coup de massue doublé d’un sentiment d’injustice car si le virus circule beaucoup, le problème à Marseille, comme dans d’autres régions, réside d’abord dans le faible nombre de places en réanimation.

Les hôpitaux sont sur le fil du rasoir déjà en temps normal et on a vu en mars-avril qu’ils étaient incapables de gérer un nouvel afflux de malades sans déprogrammer d’autres interventions. Mais en six mois, le gouvernement n’a rien fait, ne serait-ce que pour desserrer la pression habituelle, tant et si bien qu’avec une quarantaine de personnes en réanimation à Marseille, on est proche de la saturation !

De fait, les patrons de bars et de restaurants payent pour l’incurie gouvernementale. Oui, ils ont de quoi être en colère et qu’ils se battent pour défendre leur gagne-pain se comprend parfaitement !

Ces patrons petits et moyens connaissent des situations très variées. Certains possèdent un ou plusieurs restaurants à la réputation bien établie et sont de véritables bourgeois. Ils jouissent d’une situation prospère. Proches des notables, quand ils ne le sont pas eux-mêmes, ils savent pouvoir compter sur le soutien de l’État. Même s’ils ont la bouche pleine, on les entendra pleurer, parce qu’ils savent qu’ils en retireront toujours quelque chose.

Mais ce qui se joue pour les plus petits, c’est-à-dire pour la grande masse des commerçants, c’est leur gagne-pain, la survie de leur affaire et l’avenir de leurs enfants. Pour échapper au chômage, beaucoup de travailleurs ont choisi d’ouvrir un petit commerce. Endettés sur des années, ils alignent des heures et des heures derrière le comptoir pour rentrer dans leurs frais. Ils s’enorgueillissent parfois d’être leur propre patron. Mais avant de se payer un salaire, quand ils s’en versent un, ils doivent payer leur propriétaire et leur banquier !

Et l’inquiétude va bien au-delà du secteur de la restauration. La crise économique et l’appauvrissement des classes populaires fragilisent depuis déjà des années toute une partie de la petite bourgeoisie commerçante.

Tout comme les ouvriers, ces petits patrons prennent la crise actuelle de plein fouet. Comme les intérimaires, les CDD ou les auto-entrepreneurs qui ont perdu leur travail, beaucoup se sentent menacés dans leurs conditions d’existence. Mais eux, ils donnent de la voix et ils se font en partie entendre !

Le gouvernement a rouvert les cordons de la bourse en assurant les cafetiers et restaurateurs que l’État couvrirait leur manque à gagner. C’est encore à voir, parce que dans cette société, ce sont toujours les plus gros qui tirent la couverture à eux, et plus on est petit, plus il faut se débrouiller seul. Le bras de fer est donc loin d’être terminé.

Mais cette fronde sociale démontre une fois de plus, qu’on a tout à gagner à dénoncer, à protester, à se battre. C’est le seul moyen de défendre ses intérêts. À Marseille, les gérants de café restaurants ont manifesté en criant « On veut travailler » ! Eh bien, les ouvriers de Bridgestone ou de Smart, les salariés de la Halle ou du groupe Auchan ont autant de raisons de crier la même exigence.

Que l’on se sente capable ou pas de faire reculer les multinationales et les licencieurs, il faut crier notre révolte. Licencier, aujourd'hui, dans cette période de crise, doit être assimilé à un crime ! La moindre des choses est de forcer les multinationales à préserver tous les emplois ! Pour travailler tous, il faut répartir le travail ! Que l’argent public serve à la création d’emplois dans les hôpitaux et les Ehpad !

Les travailleurs ont leurs intérêts à défendre. Les affirmer est la première étape pour se préparer au combat nécessaire. 
 
Le 28 septembre 2020

lundi 21 septembre 2020

Bridgestone : pactiser avec l'assassin ou l'empêcher de nuire ?


Après Continental à Clairoix, Goodyear et Whirpool à Amiens, la fermeture de l’usine Bridgestone à Béthune est devenue une affaire nationale. Et c’est toujours la même histoire : une multinationale prospère, des aides publiques à gogo, la fermeture d’une usine qui fait vivre toute une région et des dirigeants politiques qui promettent de « se battre » pour l’empêcher !

« C’est une trahison… une décision révoltante », a grondé Le Maire, le ministre de l’Économie. Dans le genre « Retenez-moi ou je fais un malheur ! », Xavier Bertrand, président de la région des Hauts de France, a parlé « d’assassinat prémédité ». Quel cinéma écœurant !

Des dizaines d’entreprises licencient et ferment en ce moment même. C’est Auchan, Airbus, Renault, ADP, Smart, Courtepaille, La Halle, Alinea, Boiron, Tui, Sanofi… Sans compter les centaines de PME sous-traitantes qui sont prises à la gorge par leurs donneurs d’ordre. Et, non seulement le gouvernement laisse faire, mais il donne sa bénédiction aux licencieurs, et pour les travailleurs, c’est Pôle emploi !

Tous les dirigeants politiques s’excitent sur Bridgestone pour avoir l’air d’agir et faire croire qu’ils ont des solutions. Et ils sont d’autant moins gênés de parler de trahison, de patrons voyous ou d’assassinat que le patron est japonais. Quand il s’agit de Michelin, de Peugeot, de Renault ou d’Auchan, ils n’osent pas !

Mais que proposent-ils ? Eh bien, ils proposent tous la même politique : remettre des millions sur la table et payer Bridgestone pour qu’il reste ! Le même Xavier Bertrand qui a parlé d’assassinat a fait les comptes. Avec 200 millions, il pourrait, estime-t-il, convaincre Bridgestone de rester. Il crie à l’assassinat et il promet des millions à l’assassin !

C’est la même attitude du côté du Rassemblement national, mais aussi du PCF ou de la France insoumise. Après avoir expliqué tout le mal qu’ils pensent de ces multinationales, ils proposent, comme le gouvernement, de leur redonner des millions d’aides publiques. Ils insistent sur les contreparties et les conditions. Mais quand a-t-on vu un patron de multinationale renoncer à ses plans parce qu’il avait signé un bout de papier ?

Même lorsque les pouvoirs publics obtiennent des engagements en termes d’emplois ou d’investissements, les actionnaires empochent les aides et font ce qu’ils veulent. Quand Hollande a mis en place le CICE, il avait, disait-il conclu un pacte avec le patronat, « le pacte de compétitivité » : l’État accordait des millions de baisses d’impôts, le grand patronat devait investir et créer un million d’emplois ou augmenter les salaires. On voit ce qu’il en est dans toutes les entreprises !

Toutes ces histoires de pactes, de contrats, d’accords… sont des escroqueries. Le grand patronat est prêt à pousser dans le chômage et le dénuement des millions de travailleurs et à ruiner des régions entières. Et ça ne l’empêche pas de dormir !

Les « sauvages » - pour reprendre le terme d’ensauvagement cher à Darmanin, le ministre de l’Intérieur, et à l’extrême droite -, ils sont là, au cœur de ces multinationales !

Alors, jouer aux conseillers du patronat sur la façon dont il doit investir son argent, « relocaliser » et « réindustrialiser » le pays, comme le font les politiciens de droite ou de gauche et même certains dirigeants syndicaux, est ridicule. Et c’est surtout une tromperie qui conduit à l’illusion qu’il pourrait y avoir des intérêts et des projets communs entre exploités et exploiteurs.

Tant que le grand capital reste le maître, il fait ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut, et les discours sur la « politique industrielle » ne sont que des bavardages de politiciens à genoux devant le grand patronat.

Les dirigeants politiques peuvent se faire élire et prétendre gouverner. Mais ce sont les actionnaires, la grande bourgeoisie, qui imposent leur dictature sur l’économie. Le président de la République et les ministres ne sont que des paillassons sur lesquels les multinationales s’essuient les pieds.

Le grand patronat n’a rien à craindre du gouvernement. La seule chose qu’il peut craindre, c’est la colère des travailleurs eux-mêmes. Ce sont des luttes ouvrières assez déterminées et massives pour qu’il se sente menacé de tout perdre.

C’est avec l’objectif de combattre la dictature de la bourgeoisie que les travailleurs pourront se battre pied à pied pour préserver leurs conditions d’existence. Si le grand patronat est incapable d’assurer un emploi à tous avec des salaires dignes, il doit être exproprié et son système renversé ! 
 
Le 21 septembre 2020

dimanche 20 septembre 2020

Les militants de Lutte ouvrière à votre rencontre

                                       

 à Vierzon, 

samedi 26 septembre

   de 9à 12h :  marché du Centre ville 

mardi 15 septembre 2020

Fête départementale de Lutte ouvrière


 Fête départementale

de Lutte ouvrière

à BOURGES

Samedi 7 novembre de 14 h à minuit

Carré d'Auron – Parc Saint-Paul

lundi 14 septembre 2020

Manifestons le 17 septembre, les travailleurs n'ont pas à payer la crise !

Jeudi 17 septembre, les salariés du privé et du public, le personnel hospitalier, les cheminots, les enseignants… sont appelés par la CGT, Solidaires et la FSU à une journée nationale de grève et de manifestations.

Réagissant à l’appel à la grève à la SNCF, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a dénoncé celles et ceux qui s’apprêtent à se mobiliser : « C’est un peu une grève par habitude […] et c’est dommage parce que dans un moment compliqué pour la France […], j’aurais espéré qu’il y ait une forme de paix sociale ».

De quelle paix sociale parle-t-il ? Tous les jours, des salariés sont jetés à la rue avec une violence inouïe. Partout, le grand patronat multiplie les attaques contre les salaires et les conditions de travail.

Une famille richissime, les Mulliez, à la tête d’Auchan, veut mettre 1 400 personnes à la porte du groupe. Cette même famille vient de mettre en liquidation Alinéa, une enseigne de meubles… avant de la racheter en se débarrassant de la moitié du personnel. Et ce, en pleine crise, alors que plus de 750 000 chômeurs ont déjà rejoint Pôle emploi. C’est ça, la paix sociale dont parle le ministre ?

Comment parler de paix sociale quand les salariés de PME voient les plans de licenciements se multiplier parce que les grands groupes donneurs d’ordres mettent le couteau sous la gorge de leurs sous-traitants ? Il en est de même pour des milliers d’ouvriers, d’employés et d’ingénieurs de l’aéronautique, de l’automobile ou du tourisme : pendant des années, ils ont fait prospérer leur entreprise et ont permis aux actionnaires d’amasser des fortunes et dès qu’il y a des difficultés, c’est « allez voir ailleurs » ?

Nous sommes dans une guerre sociale et ce sont les capitalistes qui la mènent. Les licenciements, la baisse des salaires et le durcissement des conditions de travail sont des choix de la bourgeoisie pour maintenir et augmenter ses marges et ses profits. Pour cela, elle fabriquera de nouveaux bataillons de chômeurs et créera de nouveaux déserts industriels.

Le monde du travail s’appauvrit et la société recule des années en arrière pour qu’une minorité capitaliste continue de faire son beurre au travers d’un système épuisé par une concurrence folle. Et c’est encore ce grand patronat, et son système, que le gouvernement aide en l’arrosant de milliards, milliards qui, une fois de plus, alimenteront les profits, la finance et la spéculation. La Bourse, qui a retrouvé ses niveaux d’avant le Covid, l’a bien compris !

Face aux attaques de la bourgeoisie, face à sa rapacité, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de se défendre. Il faut qu’ils agissent collectivement et se dotent d’un plan de combat car le grand patronat ne connaît que le rapport de force.

Ce plan doit partir des intérêts vitaux de la classe ouvrière. Il faut travailler moins pour travailler tous, sans perte de salaire. Il faut augmenter les salaires, pas les marges ni les dividendes. Il faut le contrôle des salariés sur les milliards d’euros que le grand patronat va encaisser : cet argent doit servir à garantir les emplois et les salaires.

Contre l’explosion du chômage, il faut aussi créer des emplois dans la santé, l’éducation, les transports. En ces temps d’épidémie, cela devrait être une évidence. Mais, même pour ça, il faudra se battre car si la situation sanitaire est aussi inquiétante, c’est que le gouvernement ne fait toujours pas ce qu’il faut.

À part imposer le port du masque, restreindre la vie sociale tout en nous demandant d’aller travailler, qu’est-ce qu’il a fait ? Les transports collectifs ont-ils été renforcés pour réduire la promiscuité ? Non. L’Éducation nationale s’est-elle donné les moyens de travailler en groupes restreints ? A-t-elle embauché du personnel supplémentaire pour pallier les absences d’éventuels malades ? Non plus.

Même les laboratoires, au cœur de la lutte sanitaire, sont dans l’improvisation et manquent de bras. Quant aux hôpitaux ou aux Ehpad, ce ne sont pas les annonces dérisoires qui peuvent nous rassurer ! La seule chose que le gouvernement a faite sérieusement, c’est de se porter au secours du patronat. C’est ça un État au service de la bourgeoisie !

Le monde du travail n’a que des coups à attendre du grand capital et de son État. Alors ceux qui se préparent à battre le pavé ont raison. Ils préparent le monde du travail au combat qu’il va devoir mener. Ils réaffirmeront cette nécessité qui existe depuis qu’il y a des exploités, et qui a guidé toutes les générations de militants : « Prolétaires, sauvons-nous nous-mêmes » !
 
Le 14 septembre 2020

 A Vierzon, rassemblement à 10h30  

SOUS-PREFECTURE