lundi 15 juillet 2019

Contre les attaques du gouvernement et des capitalistes, préparons la riposte !

On a vu des drones, des robots multitâches, des exosquelettes et même une plateforme volante digne de la science-fiction, ce dimanche sur les Champs-Elysées. De formidables progrès technologiques transformés en engins de mort et un bon coup de pub pour les marchands de canon : voilà un aspect du traditionnel défilé du 14 juillet. Un hommage à l’armée d’autant plus déplacé que lors de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, l’armée royale n’était évidemment pas du côté des insurgés, mais ouvrait au contraire le feu sur eux !

Macron paradant en chef des armées n’a pu éviter quelques sifflets de manifestants gilets jaunes, ce qui a indigné Castaner et toute la caste politicienne « en ce jour où la nation est réunie ». Quelle blague ! Dans la tribune des officiels, derrière Macron, se trouvait François de Rugy, le ministre de la transition écologique mis à mal par des révélations sur son train de vie aux frais de l’État. De Rugy a justifié ses dîners à base de homards et de grands crus par la nécessité de « rester connecté » à la société. Pour ces politiciens, la « société » se résume au petit monde qui gravite autour de la bourgeoisie qu’ils servent et dont ils imitent les manières et le train de vie. Oui, dans cette prétendue « nation unie », il y a une frontière sociale entre les capitalistes que ces politiciens représentent et le monde du travail, qui vit une toute autre réalité.

Les annonces de plans de licenciement s’ajoutent les unes aux autres, barrant l’avenir pour des milliers de travailleurs et leurs familles. Ceux de Conforama ont exprimé leur colère lors du Comité central d’entreprise, ce que la direction a qualifié « d’agression ». Les travailleurs de Conforama ont successivement enrichi les milliardaires Arnault et Pinault et maintenant les actionnaires du groupe multinational Steinhoff. Et pour ces gens-là, il faudrait encore qu’ils acceptent d’être mis à la porte sans faire de bruit !

Le même jeudi 11 juillet, ce sont les salariés de WN qui manifestaient à Amiens leur dégoût et leur colère à l’annonce de la mise en liquidation de ce repreneur de Whirlpool. Après avoir empoché les millions de l’État et de Whirlpool, WN, qui appartient au patron local du Medef, met en effet la clé sous la porte et les travailleurs vont vivre leur deuxième plan de licenciement en un peu plus d’un an.

Accompagnant les annonces de licenciement des grands groupes, la réforme des règles de l’assurance chômage réduit les droits des chômeurs en osant prétexter que c’est pour mieux les inciter à retourner vers l’emploi. Le gouvernement fait ainsi pression sur tous les travailleurs, les contraignant encore plus à accepter n’importe quel travail, à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions.

La réforme des retraites que le gouvernement prépare s’annonce comme un nouvel épisode dans cette guerre aux travailleurs. Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites doit rendre sa copie le 18 juillet, mais on en connait déjà les grandes lignes. L’instauration d’un système à points permettra d’amputer encore plus les pensions, de même que la mise en place d’un « malus » pour tous ceux qui partiraient à 62 ans, l’âge légal de départ. Sur la sellette également, les pensions de réversion, qui bénéficient très majoritairement aux femmes, dont les retraites sont déjà le plus souvent inférieures à celles des hommes.

Pour accroître leurs marges et leurs profits dans un contexte de crise et de concurrence exacerbée, les capitalistes font reculer le niveau de vie des travailleurs par tous les moyens. Ils accentuent l’exploitation et imposent les bas salaires, tandis que le gouvernement rogne sur toutes les dépenses utiles aux couches populaires, des hôpitaux aux écoles, en passant par les transports publics.

Les travailleurs ont les moyens d’arrêter cette course à l’abîme qui condamne toute la société. C’est leur exploitation qui est à l’origine de l’enrichissement de la bourgeoisie, c’est leur travail qui produit toutes les richesses. Le gouvernement peut bien chanter l’air de l’unité nationale, c’est d’une lutte à mort entre deux classes sociales qu’il est question ! Pour imposer leur droit à une vie digne et émanciper toute la société, les travailleurs n’auront pas d’autre choix que de se battre contre la domination capitaliste sur l’économie.

Le 15 juillet 2019

mardi 9 juillet 2019

Les militants de Lutte ouvrière à votre rencontre

Pendant la période des vacances, le gouvernement ne fait pas relâche. Il s’attaque aux chômeurs, réduisant leur indemnisation et le nombre de bénéficiaires. Dès la mi-juillet, il s’attaquera aux retraites, en allongeant la durée de cotisations à 43 ans dès 2025, au lieu de 2035. Il faudrait alors travailler jusqu’à 64 ans, soit deux ans de plus, pour toucher une retraite à taux plein. Dans le même temps, les grands groupes capitalistes continuent de supprimer des milliers d’emplois pour satisfaire les exigences de profit de leurs actionnaires.  
Comment organiser une riposte du monde du travail ? Quel programme et quelles revendications mettre en avant ? Comment recréer un mouvement ouvrier révolutionnaire capable de changer la société ? C’est de cela que les militants de Lutte ouvrière souhaitent discuter lors de leur passage dans votre ville.

à Vierzon 
Samedi 13 juillet

de 10h à 12h et de 15h à 17h sur le marché 
et au centre commercial Carrefour Market au centre ville

lundi 8 juillet 2019

Grèce : Tsipras chute, discrédité par sa soumission au capital

En Grèce, la droite vient de remporter les élections législatives, obligeant l’ex-Premier ministre Alexis Tsipras, le leader de Syriza, à quitter la scène. Voilà la conséquence de quatre années de gouvernement de ce parti qui avait suscité tant d’espoir parmi les couches populaires de ce pays et au-delà, à son arrivée.

À l’époque Alexis Tsipras passait pour un homme de gauche, capable de résister aux grandes banques qui veulent obliger la population grecque à payer une dette colossale dont elle n’était pas responsable.

La Grèce était étranglée par les financiers exactement comme peuvent l’être des municipalités, des hôpitaux ou même des particuliers entraînés dans la spirale du surendettement. Et la spéculation financière sur sa dette plaçait la Grèce au bord du gouffre.

L’économie du pays commença à s’effondrer. L’État grec fut mis sous la tutelle de ses créanciers à travers une troïka composée de représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI qui venaient contrôler son budget. Et, sous leurs directives, les gouvernements prenaient des mesures d’austérité féroces à l’encontre d’une population déjà très pauvre.

En trois ans, le chômage quadrupla et atteignit 27 %. Les salaires furent divisés par deux. Les services publics se décomposèrent, les malades ne trouvant plus de place dans les hôpitaux, ni de médicaments pour se faire soigner. Le nombre de gens expulsés de leur logement explosa.

Alors que la droite et le parti socialiste, responsables de ces plans d’austérité, étaient vomis par les couches populaires, un nouveau parti, Syriza, avec à sa tête Alexis Tsipras, prétendit qu’une fois au pouvoir, il tiendrait tête aux banques et aux dirigeants des plus puissants pays de l’Union européenne, à commencer par la France et l’Allemagne.

En janvier 2015, Syriza remporta les élections législatives avec 36 % des voix. Tsipras devînt Premier ministre. Sa victoire fut accueillie avec enthousiasme en Grèce et même hors de Grèce, où bien des travailleurs se sentaient solidaires de ce celui qui, disait-il, allait s’opposer aux financiers.

Pendant cinq mois, Tsipras refusa de prendre les mesures d’austérité qui étaient exigées de lui par la troïka. Début juillet 2015, il organisa un référendum où la population grecque lui montra encore une fois de plus son soutien à plus de 60 %.

Mais la politique de Tsipras consistait à négocier les plans d’aides financières aux sommets, sans jamais chercher à s’appuyer sur la mobilisation active des travailleurs. Et dans ces limites, il ne pouvait que finir par se soumettre.

D’abord, parce que les grandes banques et les États n’étaient pas prêts à lui faire le moindre cadeau. Ensuite, parce que devant sa résistance, elles voulurent justement faire de la Grèce un exemple à destination de tous les peuples : « une dette, ça se paie » !

Les banques et les États coupèrent alors tout crédit à la Grèce. Et, huit jours à peine après le référendum qui venait de lui accorder le soutien de la population, Tsipras céda. Il accepta d’imposer un nouveau plan d’austérité et de privatisations malgré les protestations des travailleurs.

Aujourd’hui, après avoir soulevé bien des illusions, on comprend que les années d’austérité à la sauce Syriza soient restées en travers de la gorge des travailleurs grecs. Et, la droite discréditée il y a encore quelques années, en a profité pour revenir aux affaires. Elle continuera les plans d’austérité et la politique anti-ouvrière tout en l’aggravant. Elle ajoutera également sa touche profondément réactionnaire dans ce pays où la dictature militaire a régné de 1967 à 1974.

Pour nous, travailleurs, la leçon de cette évolution est que ceux qui prétendent s’opposer aux puissances de l’argent sans vouloir s’attaquer aux racines du pouvoir de la bourgeoisie se condamnent à devenir de nouveaux serviteurs de celle-ci.

Leur politique est une impasse et les illusions qu’ils créent nous désarment. Il n’y aura pas de sauveur suprême. Et notre seule perspective ne peut être que de mener nous-mêmes le combat jusqu’au bout, jusqu’à l’expropriation des grandes banques et des grandes entreprises. L’utopie n’est pas de vouloir renverser l’ordre social capitaliste. C’est de croire que les intérêts des travailleurs sont conciliables avec la domination du grand capital.
Le 8 juillet 2019

samedi 6 juillet 2019

Les migrants sont nos frères de classe

À en croire Matteo Salvini, le Ministre de l’Intérieur italien et chef du parti d’extrême droite la Ligue, la marine de son pays a été attaquée par le bateau d’une organisation humanitaire piloté par une capitaine allemande de 31 ans.

Après avoir fait des va-et-vient aux abords de l’espace maritime italien, en attente d’une autorisation officielle, la capitaine du bateau humanitaire Sea-Watcha décidé de forcer le destin et le blocus des eaux territoriales italiennes. Elle est entrée dans le port de Lampedusa samedi 29 juin en pleine nuit pour débarquer enfin les quarante migrants qui avaient été secourus en mer deux semaines plus tôt alors qu’ils risquaient la mort sur leur canot pneumatique à la dérive.

Voilà « l’acte de guerre », comme l’a appelé Matteo Salvini, pour lequel cette jeune capitaine risque dix ans de prison.

Pour les politiciens d’extrême droite comme Matteo Salvini, il faut laisser mourir les migrants en mer ou les ramener à la case départ. Et cela revient presque au même, car poussés par la guerre ou la misère, ou les deux, ils retenteront inlassablement la traversée jusqu’à réussir ou mourir.

Méditerranée est devenue un cimetière. Depuis 2014, plus de 15 000 personnes venant du continent africain y sont mortes en essayant de rejoindre l’Europe. Et c’est la politique anti-migrants de tous les gouvernements européens qui en porte la responsabilité. Les gouvernements dirigés par des démagogues d’extrême droite à la Salvini, mais aussi ceux qui le sont par les prétendus progressistes à la Macron. Tous se sont mis d’accord pour rendre les frontières de l’Europe de plus en plus meurtrières et créer cette mini armée qu’est Frontex, qui empêche les migrants de rejoindre les côtes européennes.

Il faut vraiment que la société capitaliste soit en pleine décomposition pour que des femmes et des hommes cherchant refuge puissent être présentés comme une menace. Si ces 15 000 êtres humains avaient réussi à atteindre l’Europe au lieu de mourir en mer, quelle menace cela aurait-il représenté ?

Le monde se couvre de plus en plus de barbelés et de frontières empêchant les plus pauvres de passer. La semaine dernière, les journaux ont montré la photo d’un jeune père de 25 ans et de sa fille de 23 mois, morts noyés alors qu’ils essayaient de traverser le Rio Grande, le fleuve qui sépare les États-Unis du Mexique. Dans l’espoir d’une vie meilleure dans le pays le plus riche du monde que sont les États-Unis, ce jeune cuisinier avait quitté le Salvador avec sa fille et sa femme de 21 ans qui, elle, a survécu.

Des millions de femmes et d’hommes sont poussés à émigrer, parfois au péril de leur vie, à cause du capitalisme et de ses ravages, des guerres et de la misère provoquées par la crise de ce système, à cause du pillage des richesses de la planète par les grands groupes industriels et financiers occidentaux.

En France, depuis des années, des politiciens disent aux travailleurs qu’il est « impossible d’accueillir toute la misère du monde »et qu’il faut fermer les frontières.

Mais si la misère a aussi grandi ici, ce n’est pas parce que les migrants l’ont apportée du dehors. C’est parce que les capitalistes ont supprimé des millions d’emplois, fermé des centaines d’usines et qu’ils continuent à le faire comme à General Electric à Belfort. C’est parce qu’ils ont écrasé les salaires pour maintenir et accroître leurs profits. Et c’est aussi parce que les gouvernements ont attaqué les travailleurs, en réduisant leurs retraites, en cassant le code du travail ou en laissant se dégrader des services publics vitaux pour les classes populaires comme les hôpitaux ou les Ehpad.

Pour les politiciens au service du grand patronat, spéculer sur les préjugés contre les migrants, c’est de la démagogie à bon compte et cela détourne les travailleurs des vrais responsables. Pour nous, travailleurs, c’est un poison extrêmement dangereux qui nous divise.

Nous ne pourrons éviter de nous laisser entraîner vers la misère que si nous faisons entendre tous ensemble notre droit à vivre dignement contre nos exploiteurs. Être pour la liberté de circulation et d’installation totale des migrants est un geste d’humanité élémentaire. C’est aussi un geste de conscience de classe. Travailleurs français et immigrés, notre sort est lié et il est entre nos mains. 
Le 1er juillet 2019

mercredi 26 juin 2019

Contre le plan de General Electric, contre le chômage, il faut interdire les licenciements !

Samedi dernier, 8 000 personnes sont descendues dans les rues de Belfort contre les 1 000 suppressions d’emploi prévues à General Electric (GE). Ceux qui se battent pour sauver leur emploi en ont entraîné des milliers d’autres qui savent qu’ils sont tout autant concernés. « Eux, nous, c’est le même combat »,disait une ouvrière d’une entreprise sous-traitante.

Les gilets jaunes se sont mobilisés, ainsi que des artisans qui avaient une banderole « artisans en colère ». Des magasins avaient baissé le rideau en signe de solidarité. Comme a dit un boucher-charcutier installé à Belfort depuis 20 ans, « l’impact sera énorme sur les commerçants ».

C’était une manifestation ouvrière massive, comme il y en a eu dans de nombreuses villes du pays à chaque fois qu’une grosse usine a fermé ses portes, menaçant de ruiner toute une région. À chaque fois, les ouvriers ont entraîné dans leur combat le reste de la population.

GE est un des plus grands groupes industriels de la planète dont les bénéfices pour les seuls trois premiers mois de l’année atteignent 954 millions de dollars. Maintenir 1 000 emplois ne représenterait qu’une goutte d’eau pour une telle multinationale. Mais la vie de travailleurs et l’avenir d’une région n’entrent pas en ligne de compte. C’est la dictature du grand capital qui s’impose. Et l’État ne s’y oppose pas, il l’accompagne.

En 2015, au moment du rachat d’un des sites d’Alstom de Belfort par GE, le groupe s’était engagé à créer 1 000 emplois sur quatre ans. Il n’en a créé aucun et a juste payé une amende de 50 millions d’euros. Le gouvernement n’a rien fait pour l’obliger à tenir sa promesse. Aujourd’hui, devant l’émotion et la mobilisation, Macron et ses ministres ont fait mine de se préoccuper du sort des travailleurs. Mais c’est pour mieux les lanterner et les attaquer.

Au moment où les plans de licenciements s’accumulent, comme celui de GE ou encore celui des magasins New Look qui vient d’être annoncé et va mettre 400 personnes à la porte, le gouvernement s’en prend aux chômeurs. Il réduit le droit aux indemnités de chômage en imposant d’avoir travaillé 6 mois sur 24 au lieu de 4 sur 28 pour y avoir accès. Et il diminue leur montant par une nouvelle méthode de calcul.

Les millions de travailleurs qui alternent les contrats de quelques semaines ou de quelques jours et les périodes de chômage sont les premiers visés. Mais c’est en réalité une attaque contre tous les travailleurs. Le message au monde du travail est clair : vous devrez encore plus accepter n’importe quel travail, à n’importe quelle condition et à n’importe quel salaire !

Lutter contre le chômage, ce serait d’abord s’opposer aux licencieurs et interdire les licenciements. Ce serait créer des emplois dans les services publics, par exemple dans les services d’urgence des hôpitaux où les aides-soignants et les infirmiers qui sont en grève depuis des mois réclament 10 000 embauches. Mais pour cela, il faudrait s’opposer aux intérêts du grand patronat et prendre sur ses profits.

L’an dernier, les 40 plus grosses entreprises françaises cotées en bourse ont distribué 51 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires, un record historique. Avec cette somme, 1,5 million d’emplois payés 1800 euros net pourraient être créés, cotisations sociales acquittées.

Le grand patronat et le gouvernement sont des alliés qui mènent ensemble une véritable guerre de classe contre les travailleurs. Elle est implacable parce que la crise économique s’aggrave et les rivalités commerciales s’exacerbent. Alors, les capitalistes, pour accroître leurs marges, s’en prennent aux travailleurs. Pendant ce temps, le gouvernement les ligote et leur assène ses propres coups. D’un côté, la grande bourgeoisie s’enrichit comme jamais, de l’autre, la condition ouvrière recule et la société pourrit sur pied.

Les travailleurs peuvent remettre en cause le pouvoir du grand patronat car, dans les entreprises, c’est leur travail qui est à l’origine de tous les profits et de tout le capital.

Comme le montre la manifestation de Belfort, ils peuvent entraîner le reste de la société dans leur combat. Pour cela, il faut qu’ils osent parler de leur propre voix et mettre en avant leurs propres revendications de classe, à commencer par celle d’un emploi et d’un salaire digne pour tous, sans se laisser arrêter par ceux qui disent que ce n’est pas réaliste. C’est aux travailleurs de dire et d’imposer ce qui est nécessaire. 
 
Le 24 juin 2019