lundi 21 août 2017

Refuser la barbarie des terroristes et celle du capitalisme

14 morts et 120 blessés à Barcelone et Cambrils jeudi dernier ; 12 à Londres en mars et juin ; 22 à Manchester en mai ; 5 à Stockholm en avril ; 12 à Berlin en décembre à l’occasion du marché de Noël ; 86 à Nice le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais… Les attentats se suivent et se ressemblent. Et c’est à chaque fois la même sidération face à l’horreur, la même émotion face à ces vies brisées et… les mêmes discours hypocrites des chefs d’État qui se posent en défenseurs de la liberté et de la paix contre la barbarie.

Mais ces attentats ne surviennent pas dans un ciel serein. Ils rappellent ceux qui frappent quasi quotidiennement en Irak et en Afrique - le dernier en date, à Ouagadougou au Burkina Faso ayant fait 18 morts -, et ils répondent à la guerre conduite par les grandes puissances au Moyen-Orient.

Ces attentats sont odieux et barbares, mais les bombardements de la coalition menée par les États-Unis comme ceux de la Russie sur Mossoul, Alep ou Raqqa ne le sont pas moins. Combien de civils, d’enfants, de femmes et d’hommes innocents enterrés sous les décombres des quartiers rasés de ces villes martyres ?

Les dirigeants des grandes puissances veulent se donner le beau rôle mais quand il s’agit de défendre leur domination, ils n’hésitent pas à piétiner les vies humaines et surtout, ils portent l’écrasante responsabilité du chaos dans lequel nous nous enfonçons.

Ce sont leurs manœuvres et leurs coups tordus qui ont enfanté les monstres qu’ils dénoncent aujourd'hui comme des dangers pour l’humanité. Al Qaïda fut fondée par Ben Laden, que les États-Unis finançaient en Afghanistan dans leur guerre contre l’Union soviétique. Et Daech est le fruit pourri de la guerre anglo-américaine menée en Irak à partir de 2003.

Les chefs d’État occidentaux veulent se servir du dégoût légitime que provoquent les attentats pour nous faire approuver leurs interventions guerrières. Leurs appels incessants à l’unité nationale contre le terrorisme visent à nous souder derrière leur politique impérialiste. Il ne faut pas marcher dans cette tromperie.

Une victoire militaire sur Daech est tout à fait probable. Et après ? L’impérialisme est incapable d'assurer des relations entre les peuples, entre les ethnies et entre les religions sans recourir à l’oppression. Toute l’histoire du Moyen-Orient est marquée par les rivalités des grandes puissances pour la colonisation et le pétrole et cela ne cessera pas avec l’élimination de telle ou telle bande armée.

L'impérialisme est basé sur l’exploitation et le pillage. Il se nourrit des inégalités et de la pauvreté. Il engendre et exacerbe les rivalités entre les pays.

Il n’est qu’à voir les coups de menton de Trump contre la Corée du Nord, qui est allé jusqu’à menacer de déchaîner le « feu et la fureur » sur ce pays de 25 millions d’habitants, évoquant même la possibilité de faire usage de l’arme nucléaire, pour comprendre que se mettre à la remorque de la politique des grandes puissances nous mène droit à la catastrophe.

Le monde est devenu une poudrière. Les rivalités impérialistes entre les États-Unis, la Russie ou encore la Chine, la domination que ceux-ci veulent préserver sur les régions plus pauvres de la planète créent un climat de plus en plus guerrier dont personne ne peut dire où il va nous mener.

Aujourd'hui, les principales victimes du chaos engendré par l’impérialisme sont des Syriens, des Erythréens, des Soudanais, des Maliens, des Afghans. Ils fuient pour beaucoup les régions dévastées par les bandes armées, la misère, voire la famine qui s’en suit. Demain, ce peut être nous.

Sans remettre en cause les fondements du capitalisme et la domination de l’impérialisme, aucun des problèmes qui se posent aujourd'hui à l’humanité ne peut être résolu, ni le risque d’une guerre généralisée, ni le terrorisme, ni la crise économique ou écologique.

Mais l’humanité n’est pas condamnée à subir un ordre social aussi injuste qu’inégalitaire et fou. Un autre monde est possible. Il faut qu’un parti mette en avant cette perspective sans quoi la situation ne peut que pourrir sur pied.

Face à la barbarie de la société actuelle, il est essentiel qu’il y ait des femmes et des hommes pour défendre autour d’eux, dans les entreprises et dans les quartiers populaires la perspective de changer de fond en comble la société.

Renverser la propriété capitaliste et mettre en commun les moyens de production sont une nécessité pour mettre fin à l’exploitation de la majorité par une minorité et pour qu’enfin les immenses possibilités que recèle la société fassent progresser le sort de tous les peuples de la planète.
 
Le 21 août 2017

mercredi 16 août 2017

Trump et la Corée du Nord : c’est la folie du monde impérialiste qu’il faut combattre

Depuis plusieurs semaines, on assiste à une escalade verbale entre le président américain et Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord. Après que Trump a menacé de déchaîner le « feu et la fureur » sur ce pays de 25 millions d’habitants, évoquant même la possibilité de faire usage de l’arme nucléaire, Kim Jong-un a annoncé son intention de frapper l’île de Guam, possession américaine dans le Pacifique où sont installées des bases militaires.

Trump est coutumier de ce type de déclarations. Quant aux dirigeants de la Corée du Nord, la démagogie nationaliste antiaméricaine leur a toujours servi à justifier leur dictature.

Mais, au-delà des fanfaronnades de son président actuel, il y a la politique de l’impérialisme américain qui ne tolère pas qu’un État lui tienne tête. Et c’est bien ce qui est reproché au régime nord-coréen depuis sa naissance au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. De 1950 à 1953, les États-Unis ont mené en Corée une guerre qui a fait plusieurs millions de morts. Dans les années qui ont suivi, la Corée du Nord a été soumise à un embargo qui dure encore aujourd’hui. Chaque année, à la même époque, l’armée américaine, aux côtés de celle de la Corée du Sud, se livre à des manœuvres militaires ouvertement dirigées contre l’État nord-coréen.

Pour le moment, les gesticulations de Trump et du dirigeant coréen s’apparentent à une partie de poker menteur où ni les uns ni les autres ne souhaitent réellement entrer en guerre. Mais il y a quand même des raisons de s’inquiéter de ce bruit de bottes persistant parce que, en multipliant les foyers de tension, du Moyen-Orient à cette région de l’Asie, l’impérialisme a transformé le monde en une véritable poudrière.

Dans le passé, en août 1945, c’est la volonté d’affirmer la suprématie des États-Unis sur le monde qui a amené les dirigeants américains à lancer deux bombes atomiques sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki. Plus récemment, en 2003, pour renverser le dictateur irakien Saddam Hussein qu’ils jugeaient trop indocile, ils se sont lancés dans une aventure militaire qui a plongé l’ensemble du Moyen-Orient dans le chaos et la guerre. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage », écrivait le dirigeant socialiste Jaurès à la veille de la Première Guerre mondiale. Eh bien, rien n’a changé sur le fond : ce sont toujours les rivalités entre grandes puissances, la recherche du profit par la minorité privilégiée qui domine la société, qui plongent aujourd’hui bien des peuples de la planète dans des guerre barbares.

En voyant les villes détruites de Mossoul en Irak ou d’Alep en Syrie, ou le Yémen dont la population meurt du choléra, conséquence d’une guerre qui dure depuis des années, comment ne pas parler de barbarie ? La barbarie du monde impérialiste, ce sont aussi ces femmes et ces hommes fuyant la misère et les guerres, tentant de franchir la Méditerranée sur des embarcations qui menacent de chavirer à tout instant, alors que les frontières des États européens se hérissent de barbelés pour les refouler.

Ici même, en France, la population ne meurt pas sous les bombes. Mais la bourgeoisie mène aux travailleurs et aux classes populaires une guerre d’un autre type. À coup de plans de licenciements, en imposant des plans d’économies aux dépens de la protection sociale, aux dépens des systèmes de retraite et de santé, la bourgeoisie et les gouvernements à son service condamnent des millions de femmes et d’hommes à l’insécurité sociale, à la pauvreté, voire à la misère.

Alors, oui, il y a bien toutes les raisons de s’inquiéter de la folie de ce monde impérialiste incapable de sortir de la crise, engendrant toujours plus de misère et de guerres. Ici, en France, l’actualité est de défendre nos conditions d’existence en refusant les reculs sociaux que le gouvernement projette d’imposer. Mais on ne pourra en finir avec la guerre, le chômage et la misère qu’en renversant le capitalisme. Il est essentiel qu’il y ait des femmes et des hommes pour défendre autour d’eux, dans les entreprises et dans les quartiers populaires, la nécessité pour les travailleurs de mener le combat pour exproprier la grande bourgeoisie et pouvoir ainsi mettre les richesses et les principaux moyens de production au service de la collectivité.
 
Le 16 août 2017

lundi 7 août 2017

Neymar, les Jeux olympiques et les marchands de rêve qui nous gouvernent

Que n’aura-t-on entendu sur le transfert de Neymar ! Oh, les 222 millions dépensés par le Paris Saint-Germain ne seront pas perdus : dans cette machine à cash qu’est le football professionnel, le club escompte un retour sur investissement en droits de retransmission télé, sponsoring, maillots et autres produits dérivés.

On ne peut qu’être choqué par l’écart entre l’abondance d’argent disponible pour acquérir un sportif et la pénurie quand il s’agit d’équipements ou d’activités autrement plus utiles à la société. Avec 300 millions d’euros, l’investissement total du PSG, on pourrait construire trois hôpitaux ; ou payer 10 000 salariés pendant un an, cotisations incluses. Et le gouvernement nous explique qu’il faut absolument réduire de 5 euros par mois l’aide au logement perçue par des familles pour lesquelles chaque euro compte !

Les médias nous abreuvent d’événements sportifs. Le Tour de France cycliste et l’Euro de foot féminin sont à peine terminés que la Ligue 1 de football reprend ; les Mondiaux de natation à peine bouclés que ceux d’athlétisme leur succèdent. Toute l’année est rythmée par cette succession de compétitions qui sont autant d’opérations commerciales.

Les performances d’Usain Bolt, de Neymar, de Kylian Mbappé ou de Teddy Riner font rêver des millions de jeunes auxquels la société n’offre guère de perspectives. Mais elles ne sortent qu’une poignée d’entre eux des favelas du Brésil et des quartiers populaires de la Jamaïque, de la Guadeloupe ou de la banlieue parisienne. Aux autres, le capitalisme réserve l’exploitation, et souvent la misère.

Droite et gauche à l’unisson s’enthousiasment pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. L’attribution, que le CIO doit rendre officielle en septembre, réjouira les bétonneurs, qui salivent à la perspective des constructions programmées. Les sponsors, les équipementiers, les médias et les grands groupes de l’hôtellerie et de la restauration y trouveront aussi leur compte.

En ce qui concerne les habitants, c’est une autre affaire. Les JO coûtent plusieurs milliards aux pays hôtes. Les profits dégagés sont privés, mais les dépenses, toujours largement supérieures aux prévisions, sont en grande partie à la charge des contribuables et des consommateurs. La Grèce n’en finit pas de payer les JO de 2004, qui ont contribué à creuser sa dette. L’État de Rio, qui organisa les JO en 2016, est en faillite et ne paie plus ses personnels, alors que les installations construites à grands frais sont à l’abandon.

Ces coûts colossaux ont conduit Boston, Hambourg, Rome ou Budapest à retirer leur candidature pour les Jeux de 2024, et le CIO a été heureux de pouvoir compter sur… Paris. Pour nous vendre l’opération, on nous explique que les équipements construits bénéficieront aux habitants, ceux de Seine-Saint-Denis en particulier. Quel cinéma ! Les six milliards du budget des JO permettraient de construire des centaines d’équipements sportifs utiles à la population, dont bien des piscines nécessaires dans ce département où un enfant sur deux n’a pas appris à nager. Les Jeux de Londres en 2012 ont coûté 12 milliards ; combien de logements sociaux, comme ceux de la tour Grenfell dont l’incendie a fait au moins 80 morts en juin dernier, auraient pu être mis aux normes avec de telles sommes ?

Les événements sportifs montrent que les gouvernements peuvent trouver des fonds et des ressources humaines considérables. Si la société marchait sur les pieds et non sur la tête, elle déploierait ces capacités pour ce qui est réellement utile à la population, et non aux capitalistes du BTP, du sport et de la télévision.

Dans la Rome antique, les empereurs utilisaient les jeux du cirque pour s’attirer les faveurs du petit peuple. Les temps ont changé, mais les vieilles ficelles demeurent. Les politiciens et la grande bourgeoisie ont bien compris l’intérêt qu’ils peuvent tirer de ces divertissements. En réalité, quand ils promeuvent les grands spectacles sportifs, les politiciens ne favorisent pas le sport pour tous et les loisirs populaires. Capitalistes et travailleurs sont censés se rassembler, comme s’ils partageaient les mêmes intérêts, avec le chauvinisme pour ciment. Pendant ce temps-là, les politiciens assènent leurs mauvais coups. Alors, les jeux modernes ne sauraient nous faire oublier les combats à mener contre les capitalistes qui en profitent, et contre les marchands de rêves qui nous gouvernent

Le 7 août 2017

mardi 1 août 2017

Les mesures anti-ouvrières de l’été et les combats qui nous attendent à la rentrée


La décision de réduire de cinq euros par mois les aides personnalisées au logement (APL) est une mesure anti-ouvrière de plus. 90 % de l'APL va aux 30 % des ménages les plus pauvres. Et c'est dans leurs poches que le gouvernement ira prendre 400 millions d'euros par an. C’est abject et ça fait partie de la guerre que Macron et Philippe mènent aux travailleurs depuis leur arrivée au pouvoir.

La nationalisation des chantiers navals STX de Saint-Nazaire fait aussi l’actualité. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a justifié l'intervention de l'État en disant que ce n’était « ni une décision de droite ni une décision de gauche. C’est une décision pour la France. » Des dirigeants politiques de tous les bords, du FN, de droite, de gauche et de la France Insoumise, ont acclamé l’annonce de cette mesure. Cela ne la rend pas meilleure. Ces politiciens bourgeois ont beau être rivaux, ils se retrouvent tous quand il s'agit de mystifier les travailleurs.

Car où est la garantie que les 7300 emplois directs et indirects, chez STX et les sous-traitants, seront préservés ? En réalité, il s'agit d’abord d’un coup de communication de Macron lui permettant de faire l’unanimité autour de lui et pour pas cher. Quant à cette prétendue nationalisation, il s’agit bien plus d’une préemption momentanée. Bruno Le Maire a largement insisté sur son côté « temporaire ».

Les gouvernements français et italien sont en négociation et cette mesure de l’État français est un élément de la négociation. La préoccupation des deux gouvernements n’est sûrement pas le sort des travailleurs mais les intérêts des grands groupes industriels qui lorgnent les commandes des chantiers navals de Saint-Nazaire. Macron ne se bat pas pour les travailleurs des chantiers mais avec leur peau ! Et quand on voit comment il refuse de lever le petit doigt pour aider les 277 ouvriers de GM&S à La Souterraine dans la Creuse, il n'y a aucune illusion à se faire.

Et puis, ce gouvernement prépare sa réforme du code du travail. Son contenu précis sera révélé fin août et les ordonnances qui la rendront effective seront publiées fin septembre. Mais la loi qui encadre tout cela est déjà passée au Parlement et les informations distillées au compte-gouttes par le gouvernement ne laissent aucun doute : il s'agit d'une attaque frontale contre le monde du travail.

« Notre modèle social n'est plus adapté à notre temps » a déclaré la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Cette ancienne DRH de chez Danone, dont on vient d'apprendre qu'elle avait touché un bonus de plus d'un million d'euros en 2013 après un plan social qui avait supprimé 900 emplois, parle le langage patronal. L'objectif de sa loi vise à faire table rase de ce qui, dans le code du travail, encombre encore un peu le patronat.

Le temps de travail, le niveau des salaires, la rémunération des heures supplémentaires,... tout cela sera décidé à l'échelle de l'entreprise. Ce qui formellement unifiait un tant soit peu les travailleurs, ce qui était le fruit des luttes ouvrières du passé, le gouvernement veut s'en débarrasser et le remplacer par des accords d'entreprise ou des accords de branche.

Il veut aussi faciliter les licenciements collectifs et individuels. Pour les patrons, il va même « créer un formulaire de licenciement simple à remplir », comme a dit la ministre du Travail. Alors que pour les salariés, les formulaires à remplir pour saisir les prud'hommes sont devenus bien plus complexes depuis la loi Macron, pour décourager bien des travailleurs d’aller en justice.

Le gouvernement veut mener son offensive le plus vite possible en sachant qu’aucune opposition parlementaire ne pourra la retarder et en espérant que la classe ouvrière ne réagisse pas trop.

Aucune direction syndicale n'a répondu à cette déclaration de guerre comme il aurait fallu, en dénonçant dès le départ les plans gouvernementaux. Toutes ont joué le jeu des réunions avec le ministère du Travail. Les responsables de la CGT, même s’ils ont participé à cette comédie, ont cependant appelé à une journée de mobilisation nationale le mardi 12 septembre. Solidaires et quelques unions départementales et fédérations syndicales FO s’y sont déjà associées.

C'est une date qui doit être un point de départ et de regroupement de la contestation ouvrière contre toutes les attaques patronales et gouvernementales. Il faut montrer qu'il y a des femmes et des hommes qui comptent bien ne pas se laisser faire.
Le 31 juillet 2017

lundi 24 juillet 2017

Contre les mauvais coups de l'été, préparons la riposte de l'automne !

Au cœur de l’été, il n’est pas une semaine sans que le gouvernement n’annonce de mauvais coups contre les classes populaires.

Dernier en date : la réduction de l’APL et des autres aides au logement. On nous présente comme mineure une baisse de 5 euros par mois – quelle arrogance ! Ces aides permettent souvent aux plus modestes, aux étudiants des classes populaires par exemple, de se loger. Et, c’est à eux que s’en prend le gouvernement, alors que le nombre d’expulsions locatives bat des records ! Et cela va s’aggraver car il envisage à l’automne une « remise à plat » des aides au logement, c’est-à-dire une baisse massive.

On a beaucoup commenté ces derniers jours le psychodrame autour de la démission du chef d’état-major des armées. En réalité, le budget de la défense va augmenter, comme l’a rappelé Macron. En revanche, le gouvernement va réduire des budgets dont ceux de l’égalité hommes-femmes, de l’aide au développement, ou encore de l’enseignement supérieur. Pourtant, alors que des dizaines de milliers de bacheliers ne trouvent pas de place à l’université, la solution envisagée, c’est de mettre en place une sélection, à la manière des universités américaines.

L’argument de l’équilibre budgétaire est mensonger. La semaine dernière, le gouvernement a discrètement annoncé la suppression de la taxe sur les dividendes versés aux actionnaires, un impôt qui rapporte 2 milliards par an, soit cinq fois le gain permis par le coup de rabot sur les aides au logement ! Et il prépare une réforme qui va réduire à peu de chose l’impôt sur la fortune et priver l’État de 3 ou 4 milliards. En même temps, la CSG augmentera de 1,7 point et les retraités en paieront le prix fort. En réalité, il ne s’agit pas d’équilibrer le budget, mais de faire payer aux classes populaires les cadeaux fiscaux faits aux riches.

Autre coup bas de l’été : la réforme du compte pénibilité, qui devait permettre aux salariés concernés de partir un peu plus tôt à la retraite. Le patronat ne voulait pas accorder la moindre concession aux salariés portant des charges lourdes, exposés à des vibrations ou encore à des risques chimiques. Le gouvernement a obtempéré.

Et puis, le Parlement continue d’examiner la réforme du Code du travail. Sans qu’on sache le détail des futures ordonnances, il est clair qu’elles seront dictées par le Medef.

Ainsi, alors que jusqu’à présent les accords d’entreprise ne pouvaient être moins favorables aux salariés que les accords de branche, ce sera l’inverse : le patronat pourra fixer les règles.

La réforme vise aussi à faciliter l’usage des contrats de chantier ou de mission à la place des CDI, autrement dit à généraliser la précarité. Elle facilitera les règles des licenciements et pourrait permettre au patronat de modifier sans obstacle les contrats de travail pour augmenter les horaires ou réduire les salaires.

Et quand les salariés seront licenciés, les recours devant les prud’hommes seront plus difficiles. Les capitalistes veulent réduire les indemnités accordées. Pour eux, elles sont toujours excessives, comme le montre le cas de cette ancienne forge des Ardennes, dont les ex-salariés viennent d’être condamnés à rembourser la moitié de leurs indemnités neuf ans après leur licenciement.

Autrement dit, la réforme vise à ramener le droit du travail un siècle en arrière.

Il ne faut pas l’accepter. Les dirigeants de la CFDT et de FO, toute honte bue, font l’éloge de cette réforme. Ceux de la CGT se prêtent aussi au jeu de dupes qu’est la négociation, mais au moins ils appellent à se mobiliser mardi 12 septembre contre cette future régression sociale.

Il faut saisir cette occasion pour montrer notre refus. Une seule journée ne pourra bien sûr suffire à faire reculer le gouvernement. Mais elle peut permettre d’amorcer une riposte.

De toute façon, le seul langage que comprend le gouvernement, c’est le rapport de force. Macron n’est pas le premier à se prendre pour Jupiter et à jouer au chef de guerre. Et face à la colère du monde du travail, face à des grèves et des manifestations de masse, il serait tout aussi impuissant que Villepin, qui dut retirer le CPE en 2006, ou que Juppé qui dut remballer sa réforme des retraites en 1995.

Le gouvernement utilise l’été pour multiplier les coups bas contre les travailleurs. Eh bien, nous devons en profiter pour prendre des forces en vue de la rentrée !
Le 24 juillet 2017