dimanche 12 janvier 2020

« Âge pivot-âge pipeau », c'est toute la réforme des retraites qui est à jeter !

Samedi, au 38ème jour de grève des cheminots et des agents de la RATP et alors que plusieurs centaines de milliers de personnes manifestaient leur opposition à la réforme, Philippe a annoncé une vraie fausse disparition de l’âge pivot.

En réalité, cet âge pivot, rebaptisé âge d'équilibre, sera maintenu pour toutes les générations partant en retraite après 2027. Son annonce ne concerne que ceux qui partiront entre 2022 et 2027 et elle est sous condition.

Les confédérations syndicales et le grand patronat doivent trouver un autre moyen de financement, sans faire payer le patronat… sans quoi l’âge pivot serait réintroduit, même pour ces générations.

Ce que les médias présentent comme un signe d’ouverture est donc un enfumage de première. Tout au plus montre-t-il la fébrilité du gouvernement face aux grèves et aux manifestations.

Pour empêcher le saccage des retraites, il faut le retrait de tout le projet. Comment accepter un nouveau système qui, sous couvert de justice, réduira les pensions de 20 ou 30 % et nous forcera à retarder notre départ à la retraite ?

Poudre aux yeux, mauvaise foi, mensonges et confusion : voici comment les macronistes espèrent faire passer la pilule. Ils promettent en particulier un minimum de 1000 euros de retraite et le présentent comme le summum du progrès pour les femmes et les plus précaires. C’est indigne ! 1000 euros, après toute une vie de travail ? Quel ministre ou député vivrait avec cela ?

Quant aux mensonges, ils sont innombrables. Certains perroquets de la majorité affirment même qu’il serait plus avantageux de calculer la retraite sur la base de toute la vie professionnelle que sur les 25 meilleures années ou les six derniers mois ! D’autres expliquent aux enseignants que les hausses de salaire qu’on leur refuse depuis 20 ans vont enfin arriver… Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Et ces menteurs professionnels nous demandent de leur faire confiance. Alors, tous ceux qui continuent de demander le retrait pur et simple du projet gouvernemental ont mille fois raison.

Ce qui se joue autour des retraites, c’est la lutte de classe, une lutte féroce où la bourgeoisie montre sa voracité. Car c’est pour elle que Macron tient à cette réforme. Pour assurer l’équilibre des retraites, l’État met aujourd'hui la main à la poche. En 2018, il y a consacré trois milliards. Trois milliards sur 350, mais pour le grand patronat c’est déjà trop ! La bourgeoisie exige des économies sur les hôpitaux, l’éducation ou les retraites parce qu’elle veut que l’État lui réserve cet argent.

En 2019, les entreprises du CAC 40 ont distribué 60 milliards d’euros à leurs actionnaires, un record historique. Il suffirait de prendre ne serait-ce que 10 % de ces 60 milliards pour assurer le financement des régimes des retraites, mais c’est impensable pour le gouvernement. La seule issue qu’il envisage, c’est de faire payer les travailleurs, leur enlever des droits, les mettre à la diète.

Que les dirigeants de la CFDT ou de l’UNSA marchent désormais avec le Medef dans la mascarade gouvernementale n’y change rien. Ces mêmes confédérations accompagnent tous les reculs depuis des années en se targuant d’éviter le pire. Déjà en 1995, la CFDT conduite par Nicole Notat avait pris fait et cause pour le plan Juppé, qui avait été abandonné sous la pression des grévistes.

Eh bien, aujourd'hui encore, ce sont les forces que les travailleurs mettront dans le combat qui seront déterminantes ! Tous ceux qui se sont engagés dans cette grève ont compris qu’il n’y avait pas d’autre choix. Ce sont les profits des capitalistes ou nos retraites, leurs dividendes ou nos emplois, leurs sinécures ou nos conditions de travail. La seule chose qui compte, c’est le rapport de force.

Les dizaines de milliers de grévistes de la SNCF et de la RATP ont pris conscience de cette nécessité et en ont fait leur combat. C’est une victoire sur la résignation dans laquelle Macron voudrait nous enfermer, y compris à coups de matraque et de LBD.

Avec cette mobilisation qui continue, le camp des travailleurs est plus fort qu’hier. Chaque jour de grève et de mobilisation est une petite victoire pour les travailleurs et une défaite pour Macron. Alors, il faut tout faire pour que les nouvelles échéances prévues, avec en particulier la journée de mobilisation du jeudi 16 janvier, soient réussies.

Comme le disent les grévistes depuis plus de cinq semaines, c’est une grève « pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ». Parce que seul le combat des travailleurs offre une perspective à la société. 
Le 12 janvier 2020
RASSEMBLEMENT À VIERZON,
MARDI 14 JANVIER
    10H30 DEVANT LA GARE SNCF

Lutte ouvrière appelle à participer à toutes les actions 

qui auront lieu mercredi 15 et jeudi 16 janvier
 

lundi 6 janvier 2020

Contre la réforme des retraites, en 2020, le combat continue !

« Cela ne peut plus durer », s’impatiente le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Le secrétaire d’État aux Transports Djebbari perd ses nerfs et envoie les CRS contre les piquets de grève. Le gouvernement a du mal à cacher son exaspération face à la mobilisation qui se poursuit. Il avait misé sur l’effritement de la grève à la SNCF et à la RATP et sur le retournement de l’opinion publique. Peine perdue, la grève tient bon et elle reste populaire.

Les travailleurs ont toutes les raisons de rester mobilisés, car le gouvernement se cramponne à sa réforme. Tous les reculs programmés sont maintenus : la retraite par points, l’âge pivot à 64 ans, la restriction des droits aux pensions de réversion... Le gouvernement dit qu’il pourrait mieux prendre en compte la pénibilité, une rengaine entonnée à chaque réforme des retraites, telle la cuillerée de confiture destinée à faire avaler la pilule amère. Mais c’est ce même gouvernement qui a supprimé en 2017 les postures pénibles ou les vibrations mécaniques comme critères donnant droit à une retraite anticipée. Critères qu’il refuse toujours de prendre en compte. Si la réforme Macron s’applique, les ouvriers du bâtiment et des travaux publics, les égoutiers ou encore les déménageurs, usés à 50 ans, devront, pour avoir une retraite à taux plein, attendre d’en avoir 64 ! « Métro, boulot, caveau, non merci ! », scandent justement les manifestants.

Comme l’ont parfaitement compris les centaines de milliers de travailleurs qui se sont mobilisés, cette réforme va retarder l’âge de départ à la retraite et diminuer les pensions.

Macron parle, dans ses vœux, d’une réforme qui assure la « solidarité entre générations ». Mais il demande aux grévistes d’accepter que la retraite de leurs enfants soit sacrifiée !

Alors que le gouvernement répète comme un perroquet que le nouveau régime sera « universel », il multiplie les concessions à certaines professions. C’est l’aveu qu’il craint le mouvement, et cela doit encourager à continuer la lutte.

Il a reporté d’autres attaques contre les classes populaires, comme la baisse des APL, et une loi destinée à faciliter l’ouverture des commerces jusqu’à minuit. Ces reports sont à mettre au crédit du mouvement, et l’avenir de ces mesures dépend de l’issue de la lutte sur les retraites.

Pour toutes ces raisons, nombre de travailleurs sont déterminés à assumer l’épreuve de force le temps qu’il faudra. Ce mouvement exprime bien plus qu’une simple opposition à la réforme des retraites. Il affirme les intérêts des travailleurs, une classe sociale qui n'en peut plus de subir la loi de la minorité capitaliste.

Les travailleurs mobilisés sont fiers de représenter les intérêts de ceux qui font tout tourner dans la société. Ils ne supportent plus que leurs droits et leur existence soient sacrifiés à la rapacité des capitalistes. Ces derniers sont repus, à l’image du financier BlackRock. Son patron pour la France, Jean-François Cirelli, qui se félicite d’une réforme qui va accroître l’épargne retraite et donc ses profits, vient d’être promu par Macron au grade d’officier de la Légion d’honneur ! Quant à Carlos Ghosn, qui peut échapper à la justice parce qu’il est riche et possède trois passeports et une flopée de résidences secondaires, c’est aussi un représentant de cette classe capitaliste gavée de profits. Et les travailleurs n’acceptent pas non plus de devoir se soumettre à un Delevoye qui, après avoir pondu la réforme, quitte piteusement la scène parce qu’il a fraudé l’État.

Pour que le gouvernement abandonne son projet, il faut que le monde du travail mette toutes ses forces dans la balance. À la SNCF et à la RATP, des travailleurs sont en grève reconductible depuis le 5 décembre. Ils font preuve d’une combativité qu’il faut saluer. Mais, surtout, il ne faut pas les laisser seuls. Il faut des grèves dans d’autres secteurs et des manifestations de masse. L’issue de la lutte dépendra de l’importance de la mobilisation dans les jours et les semaines à venir. Dans cette société capitaliste, seuls ceux qui luttent peuvent se faire respecter. Dès jeudi 9, nous pouvons montrer que nous refusons toujours cette réforme. Soyons nombreux en grève. Soyons nombreux dans la rue, le 9 et, de nouveau, samedi 11, pour dire notre colère ! Commençons ainsi l’année 2020 sous le signe de la lutte, car seule celle-ci est porteuse d’espoir pour le monde du travail. 
Le 6 janvier 2020
 
Rassemblement à Vierzon
Jeudi 9 janvier - 10h30 
Forum République 
 

lundi 30 décembre 2019

Que 2020 soit l'année de la riposte du monde du travail !

Rassemblements devant les gares, repas de fête des grévistes, spectacle des danseuses en grève devant l’Opéra à Paris, manifestations locales samedi 28 décembre : au bout de 26 jours, la grève contre le saccage des retraites est bien vivante. Les appels à la trêve et les manœuvres du gouvernement ont échoué à l’enterrer sous le sapin et c’est un beau cadeau, plein d’espoir, pour le camp des travailleurs !

Les directions de la SNCF et de la RATP ont beau assurer que la circulation s’améliore, parler de « réouverture de ligne » quand un métro dessert péniblement quelques stations du parcours pendant trois heures, la réalité est que les grévistes tiennent. Malgré les difficultés financières, malgré les tentatives de démoralisation à coups de calomnies, ils tiennent.

Le gouvernement a aussi essayé de s’appuyer sur des dirigeants syndicaux prêts à se satisfaire de quelques mesures catégorielles. Mais les grévistes ne se sont pas laissé prendre à cet attrape-nigaud et ont poursuivi la lutte en proclamant : « c’est la grève, pas la trêve, qui donnera un avenir à nos enfants ». Ils peuvent d’ores et déjà être fiers de cette combativité, qui représente en elle-même une victoire pour le camp des travailleurs et lui ouvre des perspectives pour l’année qui vient.

Cette grève est importante non seulement par sa durée, supérieure à celle du mouvement de 1995 contre la réforme Juppé, mais aussi par son caractère non corporatiste. Les bataillons les plus combatifs, formés de travailleurs de la SNCF et de la RATP en grève reconductible, ont été rejoints par les salariés d’autres secteurs, enseignants, travailleurs des raffineries et d’EDF, hospitaliers, pompiers. Et pendant les temps forts, on a vu des salariés du privé rejoindre les manifestations.

Au-delà des inconvénients entraînés par l’absence de transports ou la fermeture des écoles, au-delà des situations particulières de chaque profession, la majorité des travailleurs est consciente que cette réforme est la dernière en date d’une série d’attaques visant à appauvrir un peu plus l’ensemble du monde du travail, du privé comme du public. Avec sa réforme des retraites, le gouvernement frappe dans la lignée des mesures déjà prises contre les travailleurs, avec la destruction du code du travail, avec la réforme de l’indemnisation du chômage qui s’en prend aux allocations des plus précaires.

Si le pouvoir met quelques bémols aujourd’hui, c’est parce que la riposte des travailleurs en grève l’y oblige. Les promesses de « transitions » pour les retraites de certaines professions et même l’annonce du report du nouveau calcul des APL, qui entrainerait la baisse des allocations pour 1,2 million de familles et leur suppression pour 600 000 foyers, sont à mettre au crédit de la grève.

Macron et les siens mènent la guerre à la classe ouvrière pour que la plus grande part possible de la richesse de la société revienne à la classe capitaliste. Dans cette période de crise, de marasme économique, c’est ainsi que les capitalistes assurent leurs profits. C’est à ces maîtres-là et à la logique de leur système qu’obéissent les gouvernements. Des centaines de milliers de familles ne s’en sortent plus ? De plus en plus de retraités figurent parmi les bénéficiaires des Restos du cœur ? Tant pis ! C’est à ce prix que les fortunes des grands bourgeois continuent à battre des records.

Pour inverser le rapport de force et remporter la bataille, la sympathie ou le soutien financier aux grévistes ne suffiront pas. Il faudra que le mouvement s’élargisse et que la grève devienne l’affaire de tous les travailleurs. C’est la rapacité de ces capitalistes jamais assez riches, c’est l’arrogance de leurs serviteurs privilégiés qui vantent aux travailleurs les charmes de l’égalité dans la misère, qui finiront par faire franchir le pas à l’ensemble de la classe ouvrière.

La bataille est loin d’être terminée et il faudra être nombreux dans la rue pour la journée de grève et de manifestations du 9 janvier. Mais une fraction du camp des travailleurs a relevé la tête contre ces représentants des riches qui croient qu’ils sont faits pour encaisser les coups et obéir. Et en montrant que tous les coups ne passent pas sans réaction, les grévistes font une démonstration qui est dans l’intérêt général de tous les travailleurs.

Alors, souhaitons que l’année qui vient voie tous les travailleurs garder la tête haute, qu’elle soit une année de combat de la classe ouvrière, pour son avenir et pour celui de toute la société. 
Le 30 décembre 2019

samedi 28 décembre 2019

Pour un bon Noël et une bonne année, vive la lutte !


Le gouvernement aura tout essayé pour que la contestation contre la réforme des retraites ne passe pas les fêtes de fin d’année. Il y a eu le chantage contre les cheminots autour de la trêve de Noël, le bluff sur le nombre de trains en circulation, les appels à la suspension du mouvement par certains syndicats. Eh bien, toutes ces manœuvres ont échoué !

Avec un TGV sur deux et de nombreuses lignes du métro parisien perturbées ou fermées, la grève continue. Et c’est une petite victoire pour tous les travailleurs, parce que cette mobilisation, largement portée par les cheminots et les agents de la RATP, est ce qui est arrivé de mieux au monde ouvrier depuis des années.

Le gouvernement et ses chiens de garde médiatiques ont voulu faire pleurer dans les chaumières en accusant les cheminots et les agents de la RATP de gâcher les fêtes. À d’autres ! S’il n’y a pas de Noël pour des millions de femmes et d’hommes, ce ne sera pas à cause de la grève mais à cause de la politique de Macron et de ses amis patrons. Ce sera à cause des bas salaires, des licenciements, de la précarité et des retraites de misère.

Le gouvernement a échoué à dresser la population contre les grévistes parce que, derrière les usagers qui galèrent, il y a des salariés qui n’en peuvent plus de subir. Il y a tous ceux qui ont du mal à s’offrir un repas amélioré et à payer des cadeaux à leurs enfants ou à leurs petits-enfants. Et eux se félicitent de voir des travailleurs relever la tête.

La grande masse des salariés ne se sentent pas encore assez forts pour suivre les grévistes, mais ils ne se trompent pas de camp. Leur camp est celui de ceux qui se lèvent à 4 heures du matin pour faire rouler les trains, c’est celui des bataillons du nettoyage, de la santé, des ouvriers et des employés sans qui rien ne fonctionnerait.

Macron, Philippe et compagnie représentent le camp d’en face, le camp de la bourgeoisie, des rentiers, des boursicoteurs qui n’ont jamais été aussi prospères et sont toujours aussi rapaces.

Que Macron renonce à sa retraite spéciale de président ne change rien : après l’Élysée, il réintègrera le monde des banquiers d’affaires. Ou il fera, comme Sarkozy, des conférences payées 200 000 euros. Quoi qu’il en soit, la vie de château lui est assurée, contrairement aux travailleurs dont il est en train de démolir les retraites !

Dans le monde du travail, personne n’est dupe. La bataille des retraites, c’est une guerre de 30 ans. Lors de chaque réforme, gouvernement et patronat ont attaqué le droit des travailleurs à profiter un peu de leurs vieux jours après avoir subi l’exploitation toute leur vie.

Cette bataille fait partie intégrante de la lutte de classe. Une lutte de classe féroce, à laquelle est rompu Pietraszewski, le nouveau Monsieur retraites qui remplace un Delevoye discrédité. Cet ex-DRH de chez Auchan s’est distingué en envoyant une caissière en garde à vue pour vol, parce qu’elle avait donné à une cliente un pain au chocolat trop cuit d’une valeur de… 80 centimes !

Ces valets de la bourgeoisie n’imaginent pas les salariés autrement que soumis et dociles. Mais la classe ouvrière est capable de se battre. C’est cette démonstration que les cheminots font aujourd'hui. Et c’est ce qui permet à des millions de femmes et d’hommes de se reconnaître dans la contestation actuelle, de la soutenir, et de la rallier demain.

À juste raison, les cheminots et les agents de la RATP, qui en sont à leur vingtième jour de grève, mesurent qu’ils ont perdu beaucoup d’argent. Mais ils savent aussi que si nous nous laissons faire, nous perdrons tous beaucoup plus.

En continuant de porter le drapeau de la contestation, les grévistes offrent un avenir au mouvement. Et comme on l’a vu le 5 et le 17 décembre, celui-ci a de nombreux combattants en réserve. Tant qu’il continue, il peut gagner de nouvelles troupes.

Aujourd'hui, les cheminots et les agents de la RATP représentent la classe ouvrière dans ce qu’elle recèle de meilleur, une classe sociale fière d’être utile à toute la société et qui revendique ses intérêts. Une classe qui se caractérise par le caractère collectif et solidaire de ses luttes, car ses intérêts correspondent à ceux de l’immense majorité et au progrès pour toute la société.

Oui, cette année se termine bien, et ce sera un bon Noël pour l’ensemble du monde du travail parce qu’après tant d’années de coups reçus et de résignation, il a lieu sous le signe de la lutte collective et de la solidarité entre travailleurs. Sous le signe de la fierté de se battre pour des jours meilleurs. 
 
Le 23 décembre 2019

dimanche 15 décembre 2019

Dans la rue le 17, jusqu'au retrait de la réforme !

Dans le monde du travail, la réforme des retraites fait l’unanimité contre elle. Alors, montrons-le en étant tous en grève et dans la rue le 17 décembre. Personne ne doit rester spectateur du bras de fer engagé contre le gouvernement par les cheminots, les agents de la RATP et les enseignants en grève.

Cette contestation a déjà forcé le gouvernement à changer de ton. Avec le renfort des salariés du privé, il est possible de le faire reculer et de lui faire retirer son projet !

Le gouvernement veut nous faire travailler plus longtemps pour une pension moindre. Pour cela, il a plusieurs tours dans son sac.

Il y a bien sûr l’âge pivot à 64 ans. Qui parmi les salariés du privé ou du public se voit travailler jusqu’à 64 ans ? Qui se voit, à cet âge, suivre les cadences des chaînes de montage ou travailler en équipe ? Qui se voit au volant d’un bus, remplir les rayons d’un supermarché, soulever une personne âgée ou un malade, ou même dans une salle de classe ? Et pourquoi se tuer au travail, alors que les jeunes sont au chômage ou en intérim ?

C’est d’autant plus inacceptable que le gouvernement sait que beaucoup d’entre nous seront mis à la porte bien avant 64 ans ! C’est déjà le cas aujourd'hui : plus de la moitié des plus de 55 ans sont au chômage ou en invalidité et toucheront ensuite une pension amputée.

S’il répète du matin au soir que « tout se négocie », c’est qu’il peut tout aussi bien abandonner l’âge pivot de 64 ans et nous imposer de travailler plus longtemps par d’autres moyens. Alors, quelle que soit la sauce à laquelle il veut nous manger, il faut dire non !

Le pire, c’est encore le mode de calcul des futures retraites. Prendre en compte toute la carrière, et non plus les 25 meilleures années dans le privé et les six derniers mois dans le public, cela revient à baisser nos pensions d’au moins 200 ou 300 euros mensuels. Comme si elles n’étaient pas déjà assez basses !

Le gouvernement prétend faire une réforme pour les plus précaires et pour les femmes en particulier, parce qu’il prendrait en compte toutes les heures cotisées. Quelle hypocrisie ! Rien ne l’empêcherait de le faire en gardant le système actuel. Tous les ministres et députés de la majorité prennent aujourd'hui la pose du défenseur de la veuve et de l’orphelin. C’est d’un mépris sans nom ! Parce que c’est ce gouvernement des riches qui a supprimé l’impôt sur la fortune qui a refusé d’augmenter le Smic, cassé le code du travail et généralisé la précarité. C’est lui qui vient de baisser les APL et de démolir les droits au chômage des plus précaires.

Quant à entendre tous ces ministres, qui à l’instar de Delevoye cumulent salaires et retraites de plusieurs milliers d’euros, se vanter d’assurer un minimum de retraite de 1000 euros pour des salariés ayant travaillé toute leur vie, c’est tout simplement odieux. Comment imaginent-ils que l’on vit avec 1000 euros ?

Le Premier ministre a osé baptiser « solidarité entre les générations » une réforme qui démolit les retraites de ceux qui sont nés après 1975. Comment les travailleurs qui refusent un recul pour eux-mêmes pourraient l’accepter pour leurs frères, leurs enfants ou leurs collègues plus jeunes ? C’est une tentative de division abjecte.

Le seul à exciter les égoïsmes, c’est le gouvernement. Il cherche à négocier catégorie par catégorie. Peut-être trouvera-t-il des confédérations syndicales pour entrer dans son jeu. La seule façon de faire échouer ces manœuvres est de mener la lutte ensemble, travailleurs du privé et du public.

La leçon de solidarité et de justice, elle est donnée par les travailleurs qui se battent aujourd'hui, quels que soient leur statut et leur âge, pour le retrait de cette réforme.

Le gouvernement, largement relayé par les médias, s’inquiète de ce que Noël approche. Ils accusent déjà les grévistes de la SNCF et de la RATP de vouloir gâcher la fête. Mais le plus beau cadeau de Noël que nous pouvons faire à nos enfants, c’est de nous battre pour obtenir le retrait de cette réforme. C’est de dire à nos enfants que nous nous battons non seulement pour leur retraite, mais pour que leur vie soit meilleure et pour que notre monde, celui des travailleurs, se fasse respecter. Oui, une victoire ferait de ce Noël une très belle fête ! Alors privé, public, ne nous laissons pas faire les poches ! Battons-nous pour que l’argent nécessaire aux retraites, aux salaires, aux emplois et aux services publics soit pris là où il est : du côté des vrais privilégiés, des grands actionnaires, des banquiers ! 
Le 15 décembre 2019
Rassemblement à Vierzon
 

Mardi 17 décembre - 10h30 
Forum République