lundi 26 juillet 2021

Macron et les capitalistes veulent nous faire marcher au « pass »

L’Assemblée, à majorité macroniste, et le Sénat, tenu par la droite, ont trouvé un accord pour faire passer la nouvelle loi sanitaire. Le gouvernement en a profité pour refaire un couplet sur l’unité nationale, tandis que les sénateurs de droite vantaient leur « esprit de responsabilité ».

Pour eux, être responsable signifie répondre aux désirs patronaux et unité nationale veut dire marcher main dans la main contre les travailleurs. Les retouches apportées par les sénateurs le montrent : il a suffi que les patrons des grands centres commerciaux pleurent sur le coût élevé du contrôle du passe sanitaire pour qu’ils en soient exemptés.

Quant aux travailleurs, les sénateurs osent prétendre les protéger en remplaçant la possibilité d’être licencié pour défaut de vaccination par « une simple suspension » sans salaire. Quelle hypocrisie !

Quel travailleur peut se passer de salaire ? La « simple suspension » est un licenciement qui ne dit pas son nom et ne coûte rien au patronat, puisqu’un travailleur refusant la vaccination aura le choix entre vivre sans salaire ou démissionner !

Le patronat est doté par le gouvernement d’une nouvelle arme contre les travailleurs. C’est même l’État-patron qui donne l’exemple, puisque ce diktat s’exercera pour commencer sur les travailleurs des hôpitaux et d’autres secteurs publics. Une exception notable : les policiers, qui pourront contrôler le passe sanitaire dont ils sont eux-mêmes dispensés. Le gouvernement a trop besoin des forces de répression pour se les mettre à dos !

Pour défendre la vaccination forcée, Macron s’est exprimé dimanche devant les soignants d’un hôpital à Tahiti, avec de l’intérêt collectif plein la bouche. Il faut toute son arrogance pour oser jouer les protecteurs de la santé publique précisément en Polynésie, là où l’État français a procédé à des essais nucléaires pendant 30 ans, au mépris de la santé de la population locale.

Le gouvernement prétend faire marcher droit les travailleurs, distribuant les interdictions et les autorisations, invoquant l’intérêt collectif. C’est révoltant !

Révoltant pour les soignants, abandonnés dans des hôpitaux sans moyens, traités comme des assassins en puissance alors qu’on leur demande de venir travailler même s’ils sont cas contact, voire positifs asymptomatiques, tant le personnel manque ! Révoltant pour les auxiliaires de vie et les aides à domicile, qui se sont occupées seules de personnes âgées isolées durant les confinements successifs. Révoltant pour tous les travailleurs, qui se souviennent d’avoir repris le chemin de l’usine alors que l’épidémie faisait rage et qu’il n’y avait même pas de masques, car il n’était pas question pour le patronat de perdre une miette de profit !

Le gouvernement se présente comme l’incarnation de la raison et du progrès scientifique, contre tous les complotismes. Oui, la vaccination pourrait être un progrès si le capitalisme n’était pas préoccupé par le profit plutôt que par la satisfaction des besoins de l’humanité. Quels que soient les progrès scientifiques ou technologiques, cette logique du profit entrave chaque pas en avant de l’humanité, quand elle ne le transforme pas en catastrophe, et elle alimente la méfiance.

Quel progrès peut représenter la vaccination quand tout le système de santé recule, dans un pays aussi riche que la France ? Quel progrès représente-t-elle à l’échelle de la planète, alors que seul un peu plus de 1 % d’Africains ont eu accès à un vaccin ? Pas question pour le gouvernement, si prompt à légiférer contre les travailleurs, d’obliger les laboratoires à lever les brevets. « L’esprit de responsabilité » du gouvernement s’arrête là où commencent les profits des capitalistes !

Des manifestations ont réuni des dizaines de milliers de personnes s’opposant au passe sanitaire. De nombreux travailleurs y ont participé pour exprimer leur colère à juste titre. Mais la plupart de ces manifestations étaient menées au nom de la liberté individuelle. Cela ne peut pas représenter nos intérêts. Dans cette société, la liberté n’a pas le même goût selon qu’on est patron ou travailleur. Si le patronat est libre d’imposer le salaire qu’il veut ou de licencier quand ça lui chante, la liberté du travailleur se réduit à accepter de se plier à ses conditions pour ne pas crever de faim.

Derrière la loi sanitaire, d’autres mauvais coups sont prévus, avec la réforme du chômage et le recul de l’âge de la retraite. Les travailleurs font fonctionner toute la société. Ce sont nos luttes qui permettront d’imposer aux capitalistes et au gouvernement à leur service que la vie des travailleurs, des chômeurs, des retraités, passe avant les profits. Pour que l’intérêt collectif devienne réellement la priorité, c’est à la domination de la bourgeoisie sur l’économie qu’il faut s’attaquer.
 
le 26 juillet 2021

lundi 19 juillet 2021

Passe sanitaire et vaccination forcée : c'est non !

Surpris par une nouvelle flambée épidémique, Macron a opté pour la vaccination contrainte et forcée. Alors qu’il avait juré, avec tous les perroquets de LREM, que le passe sanitaire ne serait jamais demandé pour les activités du quotidien, celui-ci entre en vigueur cette semaine pour les cinémas et les spectacles et le 1er août pour les cafés, les restaurants, les trains et même pour faire ses courses dans un centre commercial !


Cela promet un beau bazar et va rendre la vie impossible à ceux qui ne sont pas complètement vaccinés. Mais Macron s’en moque bien : c’est « j’ordonne et débrouillez-vous ! ». Quel mépris !

Qu’arrivera-t-il aux salariés qui n’auront pas de passe sanitaire à jour ou à ceux qui ne voudront pas se plier à l’obligation vaccinale ? Seront-ils mis à l’amende, suspendus, licenciés ? La non-vaccination est devenue un nouveau motif de licenciement, eh bien voilà une attaque anti-ouvrière de plus à combattre !

La vaccination est un moyen puissant pour combattre l’épidémie, mais Macron s’en sert comme une arme politique pour dissimuler sa propre responsabilité. Il s’en sert pour cacher combien la gestion capitaliste des hôpitaux est criminelle. Il s’en sert pour faire oublier le manque de moyens humains et matériels du système de santé.

Macron est en campagne et il utilise la crise sanitaire pour resserrer les rangs derrière lui, en dressant les vaccinés contre les non-vaccinés. Il aimerait que nous passions le temps à nous dénigrer, nous déchirer et nous contrôler les uns les autres, plutôt que juger de son action et lui demander des comptes.

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a osé opposer la « France laborieuse et volontariste » à « une frange capricieuse et défaitiste qui se satisfait de rester dans le chaos et l’inactivité ». Il en est donc à traiter de fainéants les non-vaccinés ! Celles et ceux qui sont concernés, les soignants, les aides à domicile, les caissières, les conducteurs de bus, les agents de nettoyage, tous ceux qui ont porté la société lors des confinements, apprécieront !

De nombreux politiciens de droite et du PS ont salué le « courage politique » du président. Ce que ces gens-là appellent « courage », c’est de mener les travailleurs à la trique et de s’aplatir devant les puissants et les plus riches.

Ne tombons pas dans le piège grossier tendu par Macron : ses mesures autoritaires ne font que préparer les mauvais coups qui vont suivre : la baisse des allocations chômage et la menace de porter la retraite à 64 ans. Autant dire qu’il y a de quoi être en colère !

Le rejet qui s’exprime dans les manifestations contre le passe sanitaire ne se nourrit pas seulement d’idées complotistes et antivaccin. Il exprime aussi l’opposition à la politique de Macron et la méfiance vis-à-vis d’un pouvoir complice des pires méfaits des capitalistes.

Alors, il faut se battre pour que la colère actuelle ne soit pas récupérée par des démagogues d’extrême droite comme Dupont-Aignan et Philippot, qui se moquent complètement des droits des travailleurs. Le monde du travail peut et doit lui donner une issue en défendant un programme correspondant aux intérêts de tous les travailleurs.

Beaucoup d’opposants au passe sanitaire et à l’obligation vaccinale mettent en avant la défense des « libertés individuelles ». Cela ne peut pas être un programme pour les travailleurs. De quelle liberté parle-t-on ? Celle d’entrer dans un grand centre commercial sans passe sanitaire ? Mais si on ne peut pas remplir son chariot parce qu’on est mal payé ou au chômage, cette liberté-là ne va pas loin !

Défendre les « libertés individuelles », c’est aussi reconnaître la liberté du patron d’exploiter et de licencier comme il le veut, et ce n’est pas un hasard que ce mot d’ordre soit brandi par des figures d’extrême droite ! Les travailleurs ne pourront conquérir leur liberté qu’en prenant conscience de leurs intérêts de classe pour les imposer à la classe capitaliste et à ses larbins politiques.

L’épidémie a mis à nu le manque de moyens des hôpitaux : il faut recruter, former en masse et augmenter les salaires des soignants !

Il ne suffit pas de vacciner à tour de bras ici, car tant que les pays pauvres seront privés de vaccins, de nouveaux variants surgiront : il faut lever les brevets sur les vaccins contre les laboratoires pharmaceutiques qui ne jurent que par leurs profits !

Le gouvernement dit que la crise sanitaire coûte cher : il faut rendre publics tous les contrats pour connaître le coût de revient des tests et des vaccins et arrêter d’engraisser les laboratoires !

N’acceptons pas que les travailleurs qui ne décident de rien soient accusés de tout ! À ceux qui dirigent de rendre des comptes ! 
 
Le 19 juillet 2021

lundi 12 juillet 2021

Oui à l'obligation...de recruter dans les hôpitaux et d'augmenter les soignants !

En plus d’avoir annoncé qu’il remettra le couvert sur la retraite, dès que possible, et que les allocations chômage baisseront bien, Macron a annoncé l’obligation vaccinale pour les soignants, l’extension du pass sanitaire et la fin de la gratuité des tests PCR à l’automne. Aucune de ces mesures ne répond aux problèmes posés par la pandémie. Elles servent surtout à masquer les manquements et l’incurie de l’État.

Macron parle de vacciner la planète. Mais lui et les autres dirigeants de la planète en sont incapables. Malgré leurs promesses, seulement 1% des doses ont été administrées dans les pays pauvres car ils ne veulent pas imposer la levée des brevets aux trusts pharmaceutiques.

À ce rythme, l’Inde ou l’Afrique du Sud, qui pourraient fabriquer leurs propres vaccins en disposant des brevets, mettront des années à vacciner leur population. D’ici là, combien y aura-t-il de nouvelles vagues et de nouveaux variants ?

C’est pour cacher cette impuissance et sa gestion défaillance, ici en France, que Macron agite le bâton de l’obligation vaccinale. Cette obligation concernerait donc les soignants au sens large. Les infirmières, aides-soignantes ou ambulanciers récalcitrants seront-ils sanctionnés ? Seront-ils, comme en Italie, suspendus et mis à pied sans salaire ? Seront-ils révoqués ? Quoi qu’il en soit, cette menace de sanctions est inacceptable.  

Macron n’a pas accusé les soignants non-vaccinés « de non-assistance à personne en danger », comme l’a fait Bayrou ce week-end, ou de « trahison », comme a osé le faire Kouchner. Mais il nous sert le même plat écœurant. S’il y a des femmes et des hommes qui ont assumé leurs responsabilités dans cette crise, ce sont bien ceux qui nous ont soignés au péril de leur santé et de leur vie ! Et pour travailler, aujourd'hui, dans les hôpitaux, les Ehpad ou être aide à domicile, il en faut du dévouement et de l’esprit de solidarité !

Macron a répété qu’il préférait « convaincre », plutôt que « contraindre ». Eh bien, cette belle philosophie ne vaut manifestement pas pour les travailleurs ! Vis-à-vis d’eux, le gouvernement ne sait que manier la trique, et c’est au tour des soignants d’en faire l’amère expérience. Preuve que Macron comme Véran, le ministre de la Santé, se moquent de ce que pensent les soignants, ils se moquent de leurs sentiments, de leurs doutes et de leurs peurs. Et cela ne date pas d’aujourd’hui !

Les soignants sont bien placés pour savoir que la santé et le bien-être des malades ne sont pas la priorité du gouvernement. Ils n’oublient pas qu’ils ont dû se tailler des blouses dans les sacs poubelles au début de la crise et que certains ont même été forcés de travailler en ayant le Covid. Et aujourd'hui les responsables de ce chaos osent leur faire la morale et les accuser « d’irresponsabilité professionnelle » !

Le pire, c’est que la gestion capitaliste des hôpitaux continue, avec l’externalisation des services de nettoyage, les fermetures de lits et des économies à tous les étages. Le ministre de la Santé regrette le manque d’infirmières, mais il refuse de financer les formations demandées par les aides-soignantes. Il déplore les démissions, mais refuse de revaloriser les salaires et d’embaucher en nombre.

Avec les scandales sanitaires, dont celui du Mediator, les patrons des laboratoires ont montré qu’ils étaient capables de mentir aux malades et de les empoisonner, pour continuer à encaisser des profits. Et qui oserait dire que cette campagne de vaccination n’est pas aussi une question de gros sous pour certains capitalistes ? Voilà d’où vient l’écœurement et la défiance !

On peut regretter que tout cela ait entamé la confiance dans la parole scientifique et dans la vaccination, mais la société capitaliste est ainsi faite : elle dénature et pourrit tout.

S’il y a des comptes à demander pour la gestion catastrophique de cette pandémie et pour les ratés de la vaccination, c’est à ceux qui dirigent la société qu’il faut s’adresser. Mais ne marchons pas dans la manipulation qui vise à nous diviser et dresser une partie des travailleurs contre une autre.

Tous les travailleurs peuvent se retrouver et s’unir derrière un programme simple : Obligation de recruter massivement dans les hôpitaux ! Obligation d’augmenter les salaires ! Obligation de rendre publics les contrats signés avec les Big pharma qui fabriquent les vaccins et les tests ! Obligation de lever les brevets sur les vaccins et de les mettre à disposition des pays pauvres ! Sur ce terrain, les soignants et l’ensemble des travailleurs ont les mêmes intérêts à défendre.

Le 12 juillet 2021

 

jeudi 8 juillet 2021

Pour imposer nos intérêts vitaux, il faudra affronter le grand patronat

 

« Tous les indicateurs sont au vert », « un rebond spectaculaire », « une croissance plus forte que prévue » : l’optimisme est à son comble au gouvernement et dans les reportages complaisants consacrés aux prévisions économiques ces jours derniers. À en croire l’Insee, l’institut national de statistique, la croissance est de retour, le pouvoir d’achat progressera de 2 % et plus de 300 000 emplois seront créés dans l’année. Ces chiffres ne rattrapent même pas les destructions d’emplois entraînées par la crise sanitaire, ni le pouvoir d’achat perdu. Mais ils suffisent à ceux qui les commentent pour reprendre le refrain du retour au monde d’avant la crise sanitaire, en mieux.

À les entendre, l’avenir s’annonce donc riant. Il faut vraiment être un laquais des possédants pour disserter sur l’augmentation moyenne du pouvoir d’achat au moment où toutes les factures s’envolent, du carburant au gaz en passant par les fruits de saison, tandis que les salaires restent au sol !

Et, pendant que journalistes et ministres se félicitent sur les plateaux télé, les annonces de plans de licenciements et de fermetures d’entreprises continuent, touchant des dizaines de milliers de familles. Le 1er juillet, près de mille travailleurs de la chaîne de fournitures de bureaux Office DEPOT ont reçu leur lettre de licenciement, après la mise en redressement judiciaire de l’entreprise. Le prétexte, ce sont les pertes dues à la crise sanitaire. Mais la mise à mort ne concerne que les travailleurs, car les actionnaires du fonds d’investissement propriétaire ont encaissé de jolis bénéfices, les dividendes de leurs actions ayant bondi de 85 %.

La situation d’Office DEPOT est parlante : oui, l’avenir est rose pour les actionnaires, pour cette poignée de parasites qui placent leur argent là où il peut rapporter vite et gros, quitte à dépecer une entreprise après avoir tiré le maximum de profits de ses travailleurs !

Alors, quand les représentants des capitalistes parlent de reprise et de croissance, cela ne veut pas dire que cela va aller mieux dans les quartiers populaires. Si croissance il y a, ce sera toujours dans une économie globalement en crise, où les marchés sont saturés et où les capitalistes, pour daigner investir, exigent que l’État mette la main à la poche.

Le gouvernement s’y plie et vient d’annoncer 7 milliards de crédits supplémentaires pour l’innovation dans le secteur de la santé, comprenez les grands groupes pharmaceutiques. Oui, Macron soutient les capitalistes, « quoi qu’il en coûte »… aux travailleurs et aux classes populaires !

Même dans des entreprises où le travail repart, le patronat entend imposer des reculs aux travailleurs. C’est le cas pour les salariés des aéroports, dont ceux d’ADP où la direction veut baisser les salaires. Du côté du gouvernement, après s’en être pris aux chômeurs, c’est le tour des retraités. Si Macron n’a pas encore remis sur la table son projet de retraite à points, il veut reculer l’âge de départ à 64 ans, alors que retrouver un boulot après 55 ans devient mission impossible. Pour de nombreux travailleurs, cela signifiera la survie aux minimas sociaux en attendant une pension de retraite tout aussi misérable, faute d’avoir le compte de trimestres.

Ces attaques font pression sur l’ensemble des travailleurs. Nous ne pourrons nous y opposer qu’en menant une offensive d’ensemble, en organisant la lutte générale du monde du travail pour ses objectifs vitaux, à commencer par un emploi, avec un salaire qui permette de vivre.

L’argent est là, les grands actionnaires ont accumulé des milliards et nous chantent même l’air de la prospérité retrouvée. Eh bien, il faut que les travailleurs, qui font tourner toute la société, imposent que l’argent accumulé par les capitalistes et les ressources de l’État servent à maintenir tous les emplois et à créer tous ceux qui manquent !

Ce n’est pas le travail qui manque. Dans beaucoup d’entreprises, les cadences folles et les heures supplémentaires usent la santé des travailleurs. Il faudrait aussi des embauches pour multiplier les transports, les lits d’hôpitaux, le personnel dans les Ehpad, dans les écoles et dans les mille et un secteurs indispensables à la vie sociale.

Pour vivre dignement, il faut des augmentations de salaire massives. Et pour que notre pouvoir d’achat ne s’écroule pas quand les prix grimpent, il faut que les salaires suivent la hausse des prix.

Ce n’est pas au programme de la « reprise » du monde bourgeois et de ses serviteurs, mais c’est la seule perspective d’avenir pour les travailleurs.

Le 5 juillet 2021

mardi 29 juin 2021

Notre avenir ne se joue pas dans les urnes, mais dans les luttes !

Avec près de 66 % d’abstention, et bien plus encore dans les quartiers populaires, le désintérêt des travailleurs pour les Régionales s’est confirmé au second tour. Mais cela n’empêche pas le cirque politicien de continuer. Et moins il y a d’électeurs, plus les politiciens leur font dire n’importe quoi !

Avec ses présidents de région reconduits, la droite crie victoire, tout comme le Parti socialiste qui utilise la réélection de ses sortants pour expliquer, avec 34 % de participation, que le clivage gauche-droite est de retour et pour briguer le leadership à gauche. Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Sans pouvoir se targuer d’aucune victoire, les prétendants à la présidentielle d’EELV se poussent du col en expliquant que l’écologie s’est imposée dans tous les programmes. Et c’est tout juste si La France insoumise ne voit pas dans l’abstention massive un plébiscite pour sa Sixième République.  Ils prennent tous leurs désirs pour des réalités ! Quant aux grands perdants que sont LREM et le Rassemblement national de Le Pen, ils préfèrent parler des sondages pour la présidentielle.  

Tant que le monde du travail ne fait pas entendre ses intérêts sans ambiguïté, en intervenant directement dans les manifestations, les grèves et les occupations d’usine, la politique se résumera à cet entre-soi politicien, à des années-lumière des préoccupations quotidiennes. Et on aura droit à ce genre de mascarade électorale, avec des partis qui nous jouent du pipeau sur la sécurité, quand tout le monde sait qu’elle ne fait pas partie des compétences régionales, et avec des candidats qui, comme Bertrand, Pécresse et Wauquiez, jurent leur amour et leur dévouement pour leur région, quand ils lorgnent sur la présidence de la République.   

Dans ces Régionales, les serviteurs patronaux ont encore fait la démonstration qu’ils se moquent éperdument des besoins vitaux de la population.

Pourquoi les ouvriers de la fonderie MBF qui vient d’être liquidée à Saint-Claude dans le Jura et qui vont se retrouver sur le carreau auraient-ils choisi entre des politiciens de la bourgeoisie tous à genoux devant le grand patronat ? Pourquoi les territoriaux menacés de perdre des jours de congés iraient-ils voter pour ceux-là même qui les attaquent ?  Nous sortons d’une pandémie qui a fait plus de 110 000 morts et laisse des millions de familles dans l’angoisse du lendemain, et nous devrions faire comme s’il ne se passait rien ?

Tous ceux qui ont été encensés par Macron lors des confinements, le personnel hospitalier, les aides à domicile, les éboueurs, les caissières ou encore les ouvriers de l’agroalimentaire, continuent d’être sous-payés, surexploités et méprisés. Pourquoi se seraient-ils déplacés pour élire des politiciens qui n’ont même pas eu un mot pour eux ?

Tout ce qu’il y a à souhaiter, c’est que l’indifférence, le rejet et l’écœurement du monde du travail face aux politiciens bourgeois se transforment en colère. Il y a à œuvrer pour que le dégoût des exploités se transforme en combativité.

Aucun sauveur suprême ne surgira des urnes pour assurer les conditions d’existence des travailleurs, à commencer par avoir un emploi et un salaire dignes. Ces deux exigences vitales devront être arrachées au grand patronat. Et pour cela, il faudra une lutte massive et déterminée rassemblant l’ensemble du monde du travail.

Nous avons tous besoin de gagner notre vie. Alors, contre le chômage, il faut nous battre contre les suppressions d’emplois et les fermetures de sites en défendant la répartition du travail entre tous avec maintien intégral des salaires. Contre la diminution du pouvoir d’achat, il faut revendiquer l’augmentation des salaires de base, des pensions et des allocations et leur indexation sur les prix.

En plus des attaques patronales, Macron s’en prend aux chômeurs en baissant leurs allocations et il ne cache pas sa volonté de reculer l’âge de la retraite à 64 ans à brève échéance. Alors, il va falloir que le monde du travail trouve la force de se défendre. Ce n’est qu’en se faisant craindre par nos mobilisations que nous forcerons grand patronat et gouvernement à prendre sur les revenus du grand capital, sur les dividendes des actionnaires, sur l’argent dilapidé en spéculation financière.

L’explosion sociale n’entre pas dans les plans des politiciens bourgeois. Elle doit être la perspective de tous ceux qui ne se résignent pas à la situation et qui ne supportent plus la démagogie politicienne. Et elle devra être orientée non pas contre les laquais politiques mais contre ceux qui détiennent le véritable pouvoir : les détenteurs des capitaux, les propriétaires des usines et des banques.

C’est à la classe privilégiée, sans utilité pour la société et pourtant riche, qu’il faudra demander des comptes !

Le 28 juin 2021