mardi 28 décembre 2021

Épidémie, faillite sanitaire : un gouvernement irresponsable au service de la loi du profit

Conseil de défense sanitaire, Conseil des ministres réuni en urgence… « Si le virus accélère, nous accélérons aussi », avait proclamé la semaine dernière Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. En fait d’accélération, il y a surtout celle des conciliabules au sommet de l’État... 

La principale mesure censée répondre à la progression de plus en plus rapide de l’épidémie avec l’arrivée du variant Omicron consiste à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal. Ce durcissement du dispositif du passe sanitaire, qui va restreindre encore davantage la vie de quelque cinq millions de non vaccinés, peut-il enrayer la progression du variant Omicron ? Rien n’est moins sûr. Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement n’a jamais mis en œuvre une politique susceptible de permettre à l’hôpital de faire face à l’épidémie. Au contraire, il a continué à fermer des lits, plus de 5 700 en 2020 alors que le coronavirus se répandait, ce qui rend le système de santé encore moins capable de faire face à la situation aujourd’hui qu’au début de la vague de Covid il y a deux ans ! 

Faute de mettre les moyens nécessaires, le gouvernement ne cesse de jouer à la roulette russe avec la santé de la population. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a lui-même rappelé récemment qu’au plus fort de l’épidémie, il avait été demandé à des soignants positifs au virus de venir travailler dans les hôpitaux. En réalité, loin de se préoccuper de la santé publique, Macron poursuit aujourd’hui son opération de diversion consistant à reporter la responsabilité de l’épidémie sur les non vaccinés, désignés comme des boucs émissaires. 

La crise sanitaire actuelle se rajoute, en l’aggravant encore, à une situation dramatique dans les hôpitaux, provoquée par les politiques de restrictions budgétaires imposées par tous les gouvernements. Mais les présidents et les ministres n’ont été eux-mêmes que des exécutants qui se sont soumis aux exigences et au parasitisme de la finance et des financiers. 

Avec la complicité des gouvernements successifs, la finance a pu pénétrer de plus en plus dans les hôpitaux, qui avaient longtemps été préservés de cette logique de profit à court terme. En instaurant le paiement à l’acte, et en distinguant ainsi les soins en fonction de leur coût, on a introduit une logique de rentabilité au sein des établissements de santé. On leur a imposé de fonctionner comme des entreprises privées, avec les mêmes critères de rentabilité, avec la même gestion du personnel à l’économie, en rognant sur les effectifs et en bloquant les salaires… 

La surcharge de travail, les payes insuffisantes, c’est tout cela qui explique la pénurie de personnel dont souffre l’hôpital. D’autant plus que bien des médecins, des infirmières, des aides-soignantes préfèrent aller travailler dans des cliniques et des chaînes hospitalières privées où on leur propose des salaires supérieurs. Ces groupes privés ont connu un développement florissant en mettant la main sur les soins les plus rentables tandis que l’hôpital public, lui, a conservé les soins délaissés par les capitalistes de la santé, la médecine des pauvres… ou le traitement des patients atteints du Covid. En effet, alors qu’on évoque actuellement une saturation des hôpitaux publics, il n’est jamais envisagé de soumettre les cliniques privées aux mêmes obligations !

C’est bien le fonctionnement du capitalisme fondé sur la recherche permanente du profit qui a conduit à la faillite actuelle du système sanitaire. C’est aussi cette logique qui s’oppose à la levée des brevets sur les vaccins, empêchant les pays les plus pauvres d’y avoir accès, mettant ainsi l’ensemble de la planète sous la menace de nouveaux variants.

L’humanité est aujourd’hui impuissante à venir à bout de l’épidémie, pour les mêmes raisons qu’elle ne parvient pas à en finir avec la crise économique, le chômage, le sous-développement et la famine. La science et le niveau atteint par les technologies permettraient de résoudre la plus grande partie de ces problèmes, y compris la crise climatique, à condition d’être soustraits au contrôle des capitalistes et de leur course au profit. En se fixant l’objectif d’exproprier la classe capitaliste pour mettre l’économie sous le contrôle de la population, seuls les travailleurs pourront apporter le remède susceptible de sauver la société de la catastrophe.



mardi 21 décembre 2021

Contre tous les politiciens de la bourgeoisie : le camp des travailleurs !

En plus de Mélenchon, de Roussel pour le PCF et de Jadot pour les écologistes, il y a maintenant trois autres candidats à la présidentielle, qui se réclament de la gauche façon PS : Hidalgo, Montebourg et Taubira. Cette dernière vient tout juste de sortir du bois et appelle à l’unité sur le mode « moi devant et tous derrière ».

L’union de la gauche n’est donc pas pour demain, et il n’y a vraiment pas à le regretter ! Rappelons-nous que tous les gouvernements de gauche ont été des serviteurs dévoués de la bourgeoisie et des ennemis ouverts des travailleurs.

Pour parvenir au pouvoir, les politiciens de gauche sont capables de jouer aux anticapitalistes, et le PCF les a souvent aidés dans cette comédie électoraliste. En 1981, Mitterrand avait été élu en faisant campagne sur la « rupture avec le capitalisme », formule reprise aujourd’hui par son disciple Mélenchon. En 2012, Hollande avait tenté de susciter un peu d’enthousiasme en déclarant « Mon ennemi c’est la finance ».

Comment le cinéma a-t-il fini ? Par des gouvernements Mitterrand, Jospin et Hollande qui se sont non seulement transformés en paillassons de la bourgeoisie, mais qui ont attaqué la condition ouvrière : blocage des salaires, licenciements et chômage de masse, démolition du code du travail, recul de la retraite, privatisations, cadeaux au patronat, suppressions de lits dans les hôpitaux…

Au pouvoir, la gauche a aidé le grand capital à prospérer en tapant sur les classes populaires aussi fort que la droite. Alors, si les politiciens d’extrême droite et de droite sont les ennemis ouverts du monde du travail, ceux de gauche le sont autant, l’hypocrisie en plus.

Tant que la situation économique de la bourgeoisie lui permettait d’accorder des miettes au monde du travail, la gauche pouvait entretenir le mythe d’une politique plus favorable aux exploités. Avec la crise, cette illusion a fait long feu.

Mais ces décennies d’illusions électoralistes ont détourné les travailleurs des luttes et de la conscience de classe. Elles les ont démoralisés et déboussolés au point de discréditer l’idéal socialiste ou communiste que ces partis prétendent encore incarner par leur nom. Elles ont conduit nombre de femmes et d’hommes des classes populaires à rejeter toute politique, quand elles n’ont pas fait le lit des démagogues d’extrême-droite.  

Il est vain de chercher un sauveur suprême, et il ne s’agit pas d’une question de personne. Il n’y a jamais eu de bon président de la République pour les travailleurs et il n’y en aura jamais, parce que les élections ne changent pas l’ordre social.

Les élections ne changent rien à l’exploitation et au fait que la classe capitaliste domine l’économie et prospère en écrasant les salaires et en aggravant les conditions de travail. Elles ne changent rien au capitalisme, où il n’y en a que pour les profits, les dividendes et les cours boursiers.


Les véritables maîtres de la société sont les Dassault, Peugeot, Bolloré, c’est la bourgeoisie, les familles capitalistes. Les politiciens, de gauche comme de droite, visent à gérer ce système et cela les condamne tous à se transformer en larbins du grand capital et en ennemis des travailleurs.

Pour que nos intérêts de travailleurs soient défendus politiquement, il faut un parti des travailleurs qui se prépare non pas à gérer les affaires de la bourgeoisie, mais à la renverser. Il faut un parti prêt à être du côté des travailleurs et de leurs luttes, quoi qu’il en coûte au patronat. Un parti qui affirme que le sort des travailleurs et de la société n’est pas dans les urnes, mais dépend de la combativité et de la conscience de classe du monde ouvrier.

La situation exige que l’on s’affronte avec la classe capitaliste. Elle exige que l’on force le grand patronat à augmenter les salaires de 300, 400, 500 euros et à les indexer sur l’inflation. Que l’on répartisse le travail entre tous et que les travailleurs contrôlent les comptes patronaux. Aucun gouvernement n’est en mesure de le faire, mais les travailleurs, eux, peuvent l’imposer avec un mouvement puissant, mobilisant des millions de femmes et d’hommes.

C’est alors que l’on pourrait empêcher cette fuite en avant qui conduit au sous-développement, à la destruction de la planète, aux guerres et à la déshumanisation de toute la société.

Alors, les travailleurs n’ont pas à chercher d’homme providentiel, ils ont à reprendre confiance en leurs propres forces. C’est le sens de ma candidature à la présidentielle : affirmer la politique et les perspectives du camp des travailleurs, pour conforter toutes celles et tous ceux qui veulent changer leur sort. 
Nathalie Arthaud
Le 20 décembre 2021 

lundi 13 décembre 2021

L'hôpital n'est pas tant malade du covid, que du capitalisme

Depuis des mois, les débats sanitaires tournent autour du Covid et de la vaccination. Depuis des mois le gouvernement fait la morale à la population avec les gestes barrières et le passe sanitaire. Et pendant ce temps, il laisse l'hôpital sombrer.

Les fermetures temporaires des services d’urgence se multiplient dans de nombreuses villes, y compris de services d’urgence pédiatriques en pleine épidémie de bronchiolite. Nombre de services fonctionnent à la moitié ou aux trois quarts de leurs capacités. Impossible, dans ces conditions, de rattraper le retard lié aux déprogrammations de soins et d’opérations !

Cet état de crise permanente n’est pas dû au Covid, mais aux arrêts maladie, aux démissions et aux nombreux postes non pourvus dans les hôpitaux. Le ministre de la Santé minimise la crise en contestant le chiffre de 20 % de lits fermés avancé par plusieurs responsables, tout en reconnaissant que l’hôpital dispose, à l’heure actuelle, de moins de lits qu’en mars 2020.

Autrement dit, les hôpitaux sont moins bien armés pour la cinquième vague que pour la première. Les responsables de la catastrophe sont donc au pouvoir et ils ne sont pas à chercher du côté des non-vaccinés !

Beaucoup, parmi les soignants et la population, avaient nourri l’espoir que la crise sanitaire serve d’électrochoc pour l’hôpital. Les 120 000 morts, les déprogrammations, le manque de matériel et de personnel avaient fait la preuve de la dangerosité de la gestion comptable de l’hôpital. Le personnel, applaudi pour son abnégation et son courage espérait enfin être écouté. Eh bien non ! L’après Covid a été la douche froide.

Le gouvernement prétend avoir beaucoup fait avec le Ségur de la santé, mais les primes versées n’ont été que du saupoudrage et elles n’ont pas stoppé l’hémorragie de personnel confronté à des salaires trop bas et des conditions de travail toujours plus dures. L’afflux de malades de Covid replonge aujourd'hui le personnel dans la gestion de crise, avec tout ce que cela engendre de surmenage, d’épuisement et de stress.

Pour justifier le manque de soignants, Véran se cache derrière le fait qu’il faut des années pour les former. Mais qu’il commence par les payer correctement pour qu’ils ne partent pas dans les cliniques privées ou vers la médecine libérale !

Que Véran explique aussi pourquoi le nombre de places en écoles d'infirmiers n'a quasiment pas augmenté depuis deux ans et pourquoi le financement des formations internes à l’hôpital se fait encore au compte-gouttes ! Qui peut croire qu’en deux ans, il soit impossible de former les techniciens de laboratoire, les brancardiers ou les agents d’accueil qui manquent aussi ? Des dizaines de milliers de jeunes galèrent entre petits boulots et chômage, ils seraient prêts à s’engager dans ce type de métier si on leur donnait les moyens financiers de se former.

Il y a pénurie de bras et de matériel parce que le gouvernement, comme ses prédécesseurs, gère l’hôpital comme une entreprise. Là où il faudrait soigner, il est demandé de faire du chiffre et de travailler à la chaîne. Pour le personnel, cela signifie surcharge de travail, rappel sur les jours de repos ou de congés, roulements chamboulés, horaires décalés, changements de service et mépris de la part de la hiérarchie…

La façon dont les salariés des hôpitaux sont traités ressemble au sort des travailleurs dans nombre d’entreprises car aucun secteur n’échappe à la loi du profit. Dans les hôpitaux publics, celle-ci ne se présente pas sous la forme d’actionnaires exigeant leur dividende, mais elle s’impose au travers des restrictions budgétaires, des indicateurs financiers et des critères de rentabilité artificiels. Cela, parce que les capitalistes profitent volontiers de toutes les affaires qu’ils peuvent faire avec les hôpitaux, tout en exigeant du gouvernement qu’il réduise les dépenses publiques.  

C’est cette course au profit qui fait mourir les hôpitaux à petit feu. C’est aussi elle qui empêche la levée des brevets sur les vaccins anti-covid et freine la lutte contre la pandémie. C’est elle qui provoque le chômage de masse, la précarité et pèse sur les salaires. C’est elle qui s’oppose au respect des hommes et de l’environnement.

Mais la loi du profit n’est pas une loi de la nature, c’est une loi de la bourgeoisie qui est la seule à avoir intérêt à ce que rien ne change. Quand, à travers des luttes, les travailleurs prendront conscience qu’ils ont la force d’imposer leur propre loi et d’organiser la société pour qu’elle réponde à leurs besoins et aux intérêts de la majorité, la course au profit n’aura plus lieu d’être !                                             

Nathalie Arthaud

Le 13 décembre 2021


 

lundi 6 décembre 2021

Contre l'extrême droite, vive le camp des travailleurs !

À l’opposé des intérêts des travailleurs, les politiciens d’extrême droite et leurs idées prennent une place de plus en plus importante dans la campagne électorale. Zemmour, admirateur de Pétain, antimusulman, misogyne revendiqué et condamné deux fois pour racisme, a officialisé sa candidature. Il rêve de ringardiser Le Pen en la doublant par la droite. Il a tenu un meeting où les nazillons étaient à la fête et se sont fait un plaisir de cogner sur des antiracistes.

Les Républicains ont choisi Pécresse, mais ils étaient nombreux sous le charme de Ciotti, ami de Zemmour et également adepte de la théorie raciste du « grand remplacement ». Et Pécresse portera une bonne partie de ces idées réactionnaires. Cette pression de l’extrême droite sur la vie politique est une menace pour l’ensemble des travailleurs.

La droite a, de tout temps, roulé pour le patronat, tout comme l’extrême droite. Ensemble, elles ont toujours ardemment défendu la propriété capitaliste et justifié l’exploitation. Si Marine Le Pen daigne agiter quelques mesures sociales, c’est uniquement pour essayer de capter une partie de l’électorat ouvrier écœuré par la gauche.

Zemmour n’en prend même pas la peine. Les hôpitaux sont débordés ? À l’entendre, c’est parce qu’ils sont « assiégés par une population venue du monde entier », alors que ce sont justement des soignants venus du monde entier qui leur permettent de ne pas s’écrouler ! Les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes ? Ce serait parce qu’elles « se complaisent dans les métiers les moins bien payés », répond-il en substance !

Tout est à l’avenant. Au moment où les profits et les dividendes explosent, Zemmour propose de baisser l’impôt sur les bénéfices. Pour les riches, de plus en plus riches, il promet moins d’impôts. Pour les travailleurs, la retraite à 64 ans ou 65 ans et de travailler plus dur pour assurer cette compétitivité si chère au patronat.

Alors que Marine Le Pen parie sur un processus de « dédiabolisation », Zemmour a choisi la stratégie opposée : il déverse sa bile raciste et sera provocateur comme Trump peut l’être. Avec lui, la politique de diversion et de division des travailleurs, propre à l’extrême droite, apparaît on ne peut plus clairement. Car de quoi parle-t-on, dans cette campagne ? Alors que de plus en plus de travailleurs sont dans l’angoisse de manquer d’argent pour se chauffer, il est question du nombre de kebabs ! Alors que face à l’inflation, les augmentations de salaire sont devenues vitales, Zemmour et compagnie ciblent ceux qui ne voudraient pas chanter La Marseillaise

L’unique antidote à cette poussée de l’extrême droite est que les travailleurs retrouvent leurs valeurs politiques. C’est qu’ils affirment leur conscience de constituer contre le patronat un seul et même camp de femmes et d’hommes de toutes origines, de toutes couleurs de peau, de toutes croyances, qui travaillent, souffrent et doivent se battre ensemble.

Sans les immigrés, le bâtiment, les hôpitaux, les aéroports, l’hôtellerie, les secteurs du nettoyage, du gardiennage, du transport, de l’industrie automobile, de l’agroalimentaire… ne pourraient pas fonctionner. Les travailleuses et travailleurs immigrés sont nos sœurs et nos frères d’exploitation et de combat, à qui le patronat réserve bien souvent les emplois les plus durs et les plus mal payés.

Zemmour leur reproche de ne pas être « assimilés », parce que certains d’entre eux ne parlent pas bien français et ont appelé leur fille Latifa et leur fils Mamadou ? Et alors ? Heureusement qu’ils sont là, car ils contribuent à faire fonctionner la société, et autrement plus que Zemmour lui-même !

Zemmour, Le Pen, Macron et tous les politiciens qui se placent au-dessus des travailleurs se comportent comme la bourgeoisie : ils estiment que la société leur appartient et qu’il leur revient de commander la population et de lui dire comment elle doit vivre. Eh bien non, la société doit appartenir à tous ceux qui la font fonctionner !

C’est avec cette conscience que les travailleurs peuvent s’organiser et lutter collectivement pour leurs intérêts essentiels. Je suis candidate à l’élection présidentielle pour propager cette conscience de classe contre toutes les diversions, à commencer par le nationalisme.

Les réactionnaires, les xénophobes et les racistes disent « les Français d’abord ». Alors, soyons nombreux à leur répondre : « les salaires d’abord », « les emplois d’abord », « les retraites d’abord », « les intérêts des travailleurs d’abord ». Le monde du travail d’abord !

Nathalie Arthaud

Le 6 décembre 2021