lundi 28 août 2023

Rentrée : Macron prépare les prochains coups de bâton

Alors que la période des vacances se termine, marquée par les épisodes de canicule, les urgences fermées, la flambée des prix et les menaces de guerre, le gouvernement se met en ordre de bataille pour la rentrée.

Fier d’avoir imposé sa réforme en nous volant deux années de retraite, Macron prépare les prochains coups de bâton. Ils viseront tout le monde parmi les classes populaires.

Sous prétexte que la dette de l’État atteint les 3000 milliards d’euros, le gouvernement s’apprête à tailler dans les dépenses dites sociales, RSA, Sécurité sociale ou indemnités chômage.

Mais cette dette n’est pas la nôtre. Si l’État a emprunté 700 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans, ce n’est pas pour protéger la population. C’est pour permettre aux groupes de l’énergie de vendre l’électricité ou l’essence au prix fort. C’est pour permettre aux Dassault, Thalès et autres marchands d’armes de s’enrichir avec la guerre en Ukraine. C’est pour garantir les intérêts des capitalistes français face à leurs concurrents américains ou chinois.

Il n’y a pas à accepter que les malades payent 50 centimes supplémentaires sur chaque boite de médicaments, que les arrêts maladie soient traqués et les chômeurs moins indemnisés pour que les banquiers, les industriels de la pharmacie, de l’énergie ou de l’armement continuent à se gaver !

Bruno Le Maire se vante d’avoir baissé les impôts de production des entreprises de 10 milliards d’euros et s’engage à les supprimer d’ici 2027. Mais les industriels en réclament toujours plus ! Et comme toujours, c’est à nous de payer la facture. Ainsi les communes, coincées entre la hausse des coûts et le baisse de leurs dotations, augmentent la taxe foncière. Et d’autres taxes sont en préparation.

Elles s’ajouteront à la hausse des prix de l’alimentaire et de l’énergie. Ministres et économistes promettaient une baisse de l’inflation dans l’été. Maintenant, ils l’annoncent pour l’automne... Non seulement ils n’en savent rien, mais ils cherchent à camoufler que les industriels et la grande distribution font monter les prix pour s’assurer des profits toujours plus grands. Cette inflation est une forme d’impôt prélevé par la bourgeoisie sur l’ensemble des classes populaires.

Depuis le 1er août, s’applique la dernière réforme de l’assurance-chômage. Elle réduit de 25 % la durée de l’indemnisation et durcit les conditions pour obtenir des droits au chômage. Elle est conçue pour obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi à n’importe quel salaire.  Mais Macron veut en rajouter une couche et reparle d’une réforme du marché du travail « pour produire plus en travaillant davantage » !

Les jeunes des classes populaires sont les premiers visés. Tous les prétextes sont bons pour les pousser à travailler de plus en plus tôt. L’apprentissage a explosé avec plus de 800 000 jeunes dont le maigre salaire est entièrement pris en charge par l’État. La réforme des lycées professionnels vise à augmenter les temps de stages en entreprise au détriment de la culture générale et à adapter « l’offre à la demande », c’est-à-dire les métiers enseignés aux besoins immédiats des entreprises.

Si Macron prétend faire de l’Éducation son domaine réservé, ce n’est pas pour offrir une éducation de qualité à la jeunesse des quartiers pauvres. C’est pour la mettre au pas ! Pour l’embrigader derrière les valeurs militaires, il a déjà instauré le Service national universel. En déplorant que 20 % d’enfants ne sachent pas lire ou écrire en sixième ou qu’il y ait trop d’échecs à l’université, il prépare le terrain pour envoyer ces jeunes-là à l’armée ou se faire exploiter au plus vite à l’usine.

En annonçant « la restauration de l’autorité à l’école », en sommant les enseignants d’être « les gardiens des valeurs républicaines », de contrôler les idées et même les vêtements des élèves, il drague avant tout les électeurs d’extrême droite. Ses coups de menton ne rajoutent aucun moyen, aucun personnel à l’école et sont bien incapables de proposer un avenir digne à la jeunesse ouvrière.

Le gouvernement ne se prépare pas seulement à nous faire trimer plus, à réduire notre accès aux soins, à nous priver de l’essentiel avec des salaires qui ne suivent pas la hausse des prix. Il prépare de plus en plus ouvertement la guerre générale que la crise de l’économie capitaliste et les rivalités entre les grandes puissances rendent inéluctable. C’est l’un des objectifs de la mise au pas des travailleurs et de la jeunesse. Cet engrenage dépasse la petite personne de Macron ou de ses concurrents qui s’agitent sur la scène. La seule voie pour l’enrayer est que les travailleurs renversent ce système capitaliste dément.

Le 28 août 2023

mardi 22 août 2023

CONTRE LE CAPITALISME, FAUTEUR DE CRISES ET DE GUERRES

L’été et les vacances n’effacent pas les problèmes qui s’accumulent au-dessus de nos têtes. Climat, crise, guerre : où que le regard se tourne, on a l’impression d’être dans un scénario de film catastrophe.

Les drames s’enchaînent, des canicules aux incendies géants, qui ont fait des dizaines de victimes à Hawaï, un État du pays le plus riche du monde, les États-Unis. Au Canada comme en Espagne, des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu et doivent fuir l’avancée des flammes. Ces catastrophes, qui se répètent et s’aggravent, illustrent l’impasse du capitalisme, incapable de résoudre les problèmes générés par l’anarchie destructrice de cette économie orientée par le profit privé.

S’ajoutent les tensions guerrières qui montent partout dans le monde. Tout près de nous, la guerre en Ukraine, commencée il y a un an et demi, aurait fait au moins un demi-million de victimes. Aux exactions de Poutine répond la tentative de contre-offensive de Zelensky, qui prévient qu’elle durera sans doute des mois. Franchissant un nouveau pas dans l’intensification de la guerre, les puissances occidentales lui promettent des avions de combat. Pour elles, la guerre peut bien s’enliser et les morts s’additionner, tant que cela leur permet d’affronter Poutine sans payer elles-mêmes le prix du sang, tout en testant leur arsenal sur le terrain.

En Afrique, dans la région du Sahel, où la population subit déjà les exactions des bandes armées djihadistes, la crise menace de s’aggraver après le putsch des généraux au Niger. Les dirigeants français et américains s’abritent derrière la CEDEAO, coalition d’États africains voisins, pour menacer d’une intervention militaire. Ces deux puissances sont prêtes à tout pour défendre les intérêts de leurs capitalistes, chacune avec son calendrier et en fonction de leurs rivalités.

Macron prétend restaurer « l’État de droit au Niger ». Quel mensonge ! Ce qu’il ne supporte pas, c’est que les putschistes – sortis du même moule que le gouvernement corrompu qu’ils remplacent – fassent mine de lui tenir tête. Ces putschistes, qui aujourd’hui dénoncent l’impérialisme français, trouveront peut-être demain un accord avec lui ou avec son rival américain. Mais quels que soient les calculs et les intérêts des uns et des autres, la population nigérienne paie le prix fort. Elle est frappée par les sanctions économiques, qui entraînent flambée des prix et pénurie de nourriture et de médicaments. Pour la population de ce pays, parmi les plus pauvres du monde, c’est déjà une condamnation à mort.

Partout, les puissances impérialistes tentent de mettre le monde en ordre de bataille derrière elles. Le 18 août, Biden a réuni les dirigeants du Japon et de la Corée du Sud pour annoncer le renforcement de leur coopération militaire et affirmer que les trois pays formeront un bloc uni pour « la sécurité dans la région » face à la Chine et à la Corée du Nord. Les forces armées des États-Unis sont déjà présentes dans la zone, mais ces derniers rappellent ainsi aux populations du Japon et de la Corée du Sud qu’elles doivent se ranger derrière eux.

En montrant ainsi leurs muscles, les impérialistes, États-Unis en tête, préparent le monde à une guerre générale pour mieux assurer leur domination sur la planète et endiguer la montée en puissance de la Chine. Le maintien de leur ordre mondial est à ce prix, la guerre économique débouchant sur la guerre tout court.

C’est au nom de la défense de la liberté et des valeurs démocratiques qu’ils prétendent enrôler leurs populations, futures chairs à canon d’une guerre pour leurs intérêts. Ne marchons pas dans leurs mensonges !

C’est ainsi que Macron justifie les 413 milliards de budget militaire. Le pays n’est pas sous les bombes, mais la facture est déjà présentée aux classes populaires. Pendant que les rois de l’économie de guerre, les Dassault, Thales et autres grands groupes, se frottent les mains et enregistrent des profits records, l’essentiel manque pour les quartiers populaires. Pas un sou ne doit servir à la sale guerre qu’ils préparent ! Réquisition des milliards des marchands de mort, pour répondre aux besoins de la population !

Cet argent serait nécessaire, par exemple, pour le logement. L’incendie qui a fait trois morts dans une tour HLM de l’Ile-Saint-Denis, en banlieue parisienne, l’a cruellement rappelé. Sous le contrôle des travailleurs et des habitants, l’argent des profiteurs de guerre irait à la construction de millions de logements décents et abordables, pour éviter que d’autres familles meurent du mal logement.

Nos intérêts de travailleurs sont à l’opposé de ceux de nos exploiteurs. Pour empêcher le monde de sombrer dans la barbarie, c’est contre leur domination qu’il faut partir en guerre !

Le 21 août 2023

samedi 19 août 2023

À bas les guerres de l’impérialisme !

Les bruits de bottes continuent de se faire entendre en Afrique, dans la région du Sahel. Réunis jeudi 10 août, les chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont ordonné « l’activation immédiate » d’une force d’intervention pour rétablir le président du Niger renversé par un coup d’État militaire fin juillet. Derrière elle, les dirigeants américains et français sont à la manœuvre. Macron, le plus va-t-en-guerre, a laissé clairement entendre que les 1 500 soldats français présents sur le territoire nigérien soutiendraient activement une telle intervention.

En attendant, le Niger connaît depuis deux semaines un véritable blocus. Sa population, dont plus de la moitié vit déjà au-dessous du seuil de pauvreté, doit subir des coupures de courant, le blocage des transactions bancaires, l’envolée des prix des denrées alimentaires et les pénuries de plus en plus nombreuses.

Les puissances impérialistes se posent en défenseurs de la démocratie, mais elles défendent en réalité le droit de quelques grands groupes industriels et financiers de poursuivre leur mise en coupe réglée de cette région. Les « intérêts français » que Macron cherche à protéger, ce sont ceux d’Orano, ex-Areva, qui exploite l’uranium du Niger depuis 50 ans, ceux de Total, de Bouygues et de tous les capitalistes français qui font des profits en condamnant les travailleurs et les classes populaires africaines au sous-développement et à la misère.

Au Niger, pour trouver un soutien populaire, les militaires putschistes dénoncent aujourd’hui le pillage du pays par la France, mais il y a encore quelques semaines, ces membres des sphères dirigeantes de l’armée s’en faisaient les complices.Ils prélevaient leur part du butin, tout comme les dirigeants corrompus qu'ils ont renversés et que les dirigeants américains et français défendent au nom de la « démocratie ». Les gouvernements occidentaux pourraient tout à fait trouver un terrain d’entente avec ces militaires qu’ils connaissent d’autant mieux qu’ils les ont formés. Mais ils n’acceptent pas qu’on fasse mine de leur tenir tête, surtout dans un contexte où l’ensemble des relations internationales se tendent.

L’épreuve de force au Niger s’inscrit dans la guerre plus générale et permanente que les grandes puissances se mènent pour le contrôle de marchés, de sources de matières premières et de zones d’influence. Elles cherchent à avoir la mainmise sur l’Afrique comme sur le reste du monde, et même sur l’espace ! Le système impérialiste plonge en permanence bien des peuples dans des guerres barbares. Avec l’aggravation de la crise et de la guerre économique entre les États, les grandes puissances se sont lancées dans une escalade susceptible de conduire le monde à une guerre généralisée.

Depuis un an et demi, à l'est de l'Europe, un conflit meurtrier oppose les pays impérialistes, États-Unis en tête, à la Russie de Poutine par Ukrainiens interposés. La tension avec la Chine s'exacerbe. Les grandes puissances augmentent fortement leurs dépenses militaires, leurs états-majors se préparent à des guerres « de haute intensité » dans lesquelles leurs populations seront, elles aussi, plongées tôt ou tard.

Ici, en France, les travailleurs et les classes populaires ne meurent pas sous les bombes. Mais ils payent déjà les conséquences de ces préparatifs militaires. Les milliards qui sont consacrés à produire des armements toujours plus coûteux manquent pour les hôpitaux, les écoles, le logement, les transports… Mais ils font la fortune de certains industriels, les Dassault et autres producteurs d’engins de mort. Dans une situation économique incertaine, les capitalistes sont les grands gagnants de la mise en place d’une « économie de guerre » qui leur garantit des profits à la hausse.

Les gouvernements et tous les représentants politiques de la bourgeoise prétendent que ces dépenses militaires sont destinées à « défendre le pays ». Le même argument sera utilisé demain pour nous mobiliser et nous envoyer nous entretuer contre d’autres travailleurs, auxquels les mêmes discours mensongers auront été tenus.

Alors que l'avenir laisse prévoir des crises toujours plus graves et des guerres toujours plus étendues, le sort des travailleurs ne doit pas rester entre les mains des classes dirigeantes, de leurs gouvernements et de leurs états-majors. Il faut exproprier les groupes capitalistes travaillant pour la guerre et confisquer leurs bénéfices, pour consacrer ces milliards à embaucher dans les hôpitaux et dans les écoles. La société doit être dirigée par les travailleurs, c'est le seul espoir pour l’humanité d’échapper à la catastrophe !

Le 14 août 2023

mardi 8 août 2023

De l’Ukraine au Sahel : les guerres de l’impérialisme ne sont pas celles des travailleurs

Avec la possible intervention militaire d’une coalition de pays voisins du Niger, la Cedeao, contre les généraux putschistes, la guerre menace de s’intensifier au Sahel. Les classes pauvres de la région subiront les méfaits de nouvelles bandes armées tandis que les divisions ethniques ou nationales s’exacerberont davantage.

Les tensions en Afrique, comme toutes les rivalités et conflits dans le monde, sont aggravées par le climat de guerre générale que développent les dirigeants impérialistes dans le but de garantir l’hégémonie de leurs capitalistes et d’entraver le développement de leurs rivaux chinois ou russes.

Depuis dix-huit mois, la guerre oppose, en Europe, les États-Unis et la Russie avec la peau des peuples ukrainien et russe. Cette guerre, dite « de haute intensité », touche des millions de personnes, détruit des villes, des réserves de céréales ou des barrages. Des soldats sont tués par dizaines de milliers. À la barbarie des tranchées, digne de 1914-18, s’ajoute la technologie meurtrière du 21e siècle.

Cette guerre dresse de plus en plus deux camps opposés à l’échelle mondiale. Ainsi au Niger, ministres et journalistes français ont voulu voir la main de Moscou dès les premières manifestations hostiles à la France.

Comme si la population nigérienne n’avait pas toutes les raisons de rejeter la présence française ! Comme si la France et ses concurrents impérialistes n’avaient pas taillé des frontières arbitraires au Sahel, exploité les habitants, pillé sans vergogne les richesses minières tout en laissant ces pays dans le sous-développement. On ne peut que partager la révolte de ce manifestant disant : « ils exploitent notre uranium depuis des années, et nous n’avons pas d’électricité ».

Cette colère légitime est utilisée par les putschistes, mais ils ne représentent pas les intérêts des classes populaires. Elle permet à Poutine de se poser, bien à tort, en champion anti-impérialiste et d’envoyer les mercenaires de Wagner. Mais quand Macron et ses généraux invoquent la présence russe, c’est pour nous faire serrer les rangs derrière eux. Nous ne devons pas marcher.

En agitant la menace russe, en encourageant les pays de la Cedeao à intervenir, les dirigeants impérialistes veulent obliger les pays voisins à prendre position et à se ranger derrière eux. Ils exercent les mêmes pressions sur tous les pays du monde face à la Chine ou la Russie.

Les dirigeants des grandes puissances invoquent la liberté et la défense de la démocratie mais ils préparent une guerre plus vaste.

Ils la préparent techniquement en testant à grande échelle leur arsenal meurtrier et en inventant de nouveaux engins sans regarder à la dépense. Ils augmentent partout les budgets militaires pour le bonheur des Dassault, Thales et autres industriels dont les profits explosent. Ainsi, un marchand d’armes allemand s’est-il réjoui que « le bouleversement de l’ordre sécuritaire mondial » ouvrait « une situation porteuse de grandes opportunités » !

Avant même que la guerre ne se généralise, les classes populaires de toute la planète en supportent le coût. À cause des circuits commerciaux bouleversés par les combats ou les embargos, la spéculation fait rage, provoquant la flambée des prix quand ce ne sont pas des pénuries et des famines. Les milliards coulent à flots pour les missiles et les avions de guerre, mais les hôpitaux ferment des lits par milliers et les quartiers populaires sont laissés à l’abandon.

Les travailleurs n’ont pas à se laisser sacrifier pour les profits des capitalistes. À l’inverse, il serait légitime que les profits volés par les marchands d’armes soient réquisitionnés pour financer tous les besoins de la population !

Pour mener leur guerre de haute intensité, les généraux et les chefs d’État n’ont pas seulement besoin de drones ou de chars. Il leur faut des soldats prêts à mourir. Ces soldats seront recrutés parmi la jeunesse des classes populaires, qu’ils commencent à embrigader avec le SNU.

Dans les pays impérialistes, tous les moyens seront bons pour nous faire serrer les rangs derrière l’appareil d’État et nous apprendre à marcher au pas. Les gouvernants prétendront qu’il faut défendre « nos intérêts » ou « nos valeurs ». Mais les travailleurs et les capitalistes n’ont ni les mêmes intérêts ni les mêmes valeurs !

En Afrique et dans les pays dominés par les grandes puissances, des politiciens ou des généraux joueront les anti-impérialistes pour accéder ou se maintenir au pouvoir.

Dans tous les pays, les travailleurs et les classes pauvres doivent refuser de marcher derrière leurs exploiteurs.

Le 7 août 2023

mardi 1 août 2023

CONTRE CETTE GUERRE QUI MENACE DE SE GÉNÉRALISER

Cela a beau être la période des vacances, pendant lesquelles on peut échapper au quotidien de l’exploitation, il est impossible de ne pas être préoccupé par les hausses de prix et par ce que sera la situation à la rentrée.

Mais au même moment, à quelques milliers de kilomètres, des femmes et des hommes meurent sous les bombes ou sur les champs de bataille. On pourrait se dire que nous avons de la chance d’échapper à cette horreur. Mais ce serait refuser de regarder ce qui nous menace. Notre avenir ne se lit pas dans les lignes de la main, il se lit en regardant ce qui est en train de se passer en Ukraine. Car depuis que la guerre a repris entre ce pays et la Russie, avec l’offensive de Poutine il y a un an et demi, celle-ci menace de se généraliser.

Tous les gouvernements s’y préparent. Les budgets militaires ont partout augmenté considérablement et la mise en condition de la population a déjà démarré. En France, le Service national universel (SNU) pour les jeunes prend de l’ampleur. Dans les familles populaires, des courriers anodins de la Caisse d’allocations familiales incitent désormais les parents à convaincre leurs enfants de participer au SNU. L’armée fait de la publicité devant les lycées. Dans certains endroits, elle a installé des canons de démonstration pour attirer l’attention des jeunes.

À chaque fois, ce sont les classes populaires qui sont visées et, en particulier, les enfants des familles ouvrières. Car ce sont eux qui iront en priorité sur les champs de bataille de demain. On leur dira d’aller se battre « au nom de la liberté » et « pour la défense de la patrie », mais en réalité, ce sera pour défendre les intérêts des grandes puissances occidentales, c’est-à-dire des grands groupes capitalistes, les mêmes qui, ici, nous exploitent, s’enrichissent de façon éhontée et nous poussent à la misère. La guerre ne fait pas disparaître la lutte des classes, au contraire, elle l’exacerbe et la rend plus ignoble.

En Ukraine, la guerre a franchi un nouveau cap dans l’horreur. Le président américain Biden a annoncé que les États-Unis enverraient des armes à sous-munitions à l’armée ukrainienne. Ces armes antipersonnel tueront aveuglément civils et militaires et mineront des régions entières pour des années.

Si elles augmentent leur pression militaire contre la Russie, rien ne dit que les grandes puissances cherchent à éliminer Poutine. Sa dictature sur le peuple russe leur est utile. Elle contribue au maintien de la domination de l’impérialisme sur le monde. Il faut se rappeler que, quelques mois à peine avant l’invasion de l’Ukraine, l’armée russe était intervenue au Kazakhstan pour réprimer une révolte populaire contre la cherté de la vie. Aucune puissance occidentale n’y avait alors trouvé à redire. Et récemment, les États-Unis se sont bien gardés de soutenir Prigogine, le patron des mercenaires de Wagner, dans sa tentative de coup d’État. Ils ont même ordonné à Zelensky de ne pas profiter de la situation.

La dictature de Poutine sur sa population ne dérange pas les grandes puissances. Pendant des années, de grands groupes comme Total, Auchan ou Renault ont investi des milliards d’euros en Russie. Ce que les grandes puissances n’ont pas toléré, c’est que Poutine n’accepte pas qu’elles mettent la main sur l’Ukraine.

Aujourd’hui, personne ne peut prédire comment et par quels enchaînements la guerre se généralisera. Mais il est certain que ce sera le cas. Tous les préparatifs guerriers des pays riches en témoignent. Et le coup d’État au Niger suivi des menaces d’intervention de Macron montre que le monde est une poudrière.

On sait aussi qui prendra les décisions dont dépendra le sort de millions d’êtres humains : les dirigeants des grandes puissances et leurs généraux d’extrême droite. Et ils se moquent bien de l’avis de la population. Il n’y a qu’à voir comment, ici, le gouvernement a imposé le recul de l’âge de la retraite alors que l’immense majorité de la population y était opposée. Plus encore lorsqu’il s’agit de la vie des populations, nous n’avons aucune confiance à leur faire. Au contraire, nous devons nous méfier de leur propagande qui vise à nous embrigader.

Alors, pour un travailleur, il ne peut être question de faire confiance à ce régime et à ses projets guerriers. Nous devrons dire haut et fort que cette guerre n’est pas la nôtre, qu’elle ne se fait pas avec l’assentiment des exploités. Aucune union sacrée ! Aucune livraison d’armes ! Réquisition des profits de guerre et des profits déjà accumulés sur le dos de la population !

Le 31 juillet 2023