mardi 31 octobre 2023

Silence, on assassine un peuple !

 


À Gaza, depuis trois semaines, l’armée israélienne massacre indistinctement hommes, femmes, enfants, vieillards et malades… Combien sont-ils à avoir perdu la vie ? 8000 ? Combien de disparus sous les décombres, combien d’autres tués faute de soins, par ce blocus impitoyable, et combien de vies brisées par ce carnage ?

« Chacun attend son tour pour mourir », a témoigné, désespéré, un habitant de Gaza qui a écrit son numéro de téléphone et leur nom sur le corps de ses enfants à même la peau, pour qu’ils puissent être identifiés en cas de bombardement.

Mais ni Biden, ni Macron, ni aucun autre dirigeant des grandes puissances occidentales ne parleront de barbarie ou de terrorisme. Ces termes sont réservés au Hamas. Le massacre, méthodique de l’armée israélienne, est appelé « guerre ». Et cette guerre est en train de s’intensifier avec des opérations terrestres dans la bande de Gaza.

Seuls les États-Unis pourraient retenir le bras d’Israël. Ils ne le font pas, parce que, depuis des décennies, l’État d’Israël est leur allié le plus sûr dans la région. Et cela n’a rien à voir avec la nécessité de protéger le peuple juif, victime du plus grand génocide du XXe siècle. C’est, comme toujours, pour des intérêts bien calculés.

À de multiples reprises, l’État israélien a démontré aux grandes puissances qu’il pouvait relayer leurs intérêts. Armé et financé par les Américains, Israël est ainsi devenu le poste avancé de l’impérialisme, le plus fidèle et le plus fiable dans cette région cruciale pour le pétrole et le commerce.

Malgré la colonisation, la spoliation et l’oppression des Palestiniens, les États-Unis ont donc systématiquement couvert Israël. La France a suivi, tout en se distinguant par quelques gestes symboliques de compassion vis-à-vis des Palestiniens. 

Alors aujourd'hui, Netanyahou a les mains libres pour mener, comme il dit, « une guerre existentielle, longue et difficile ». Mais qui sait si cette fuite en avant guerrière restera circonscrite à Israël et la bande de Gaza ?

La Cisjordanie bouillonne. Le Liban, la Jordanie, le Yémen, la Syrie, voire l’Iran, peuvent basculer ou être entraînés dans la guerre à tout moment. Les régimes arabes qui se sont rapprochés d’Israël ces dernières années sont sous la pression de leur population, et même les dictatures les plus féroces peuvent être déstabilisées.

Le mur d'incompréhension qui se dressait entre Juifs et Arabes va se trouver renforcé par des dizaines de milliers de cadavres. Après cela, qui osera parler de paix ?

Quand les armes se tairont, ce sera la paix des cimetières et des prisons pour les Palestiniens, le temps qu’une nouvelle génération de révoltés reprenne le combat. Ce genre de paix-là n’en est une pour personne ! Même pour les Israéliens, ce ne sera pas la paix. Car vivre avec la main sur la gâchette, ce n’est pas vivre en paix.

Depuis trois quarts de siècle, les dirigeants israéliens assurent aux juifs qu’ils leur garantissent la paix et la sécurité. On voit aujourd'hui ce qu’il en est ! En 75 ans, le pays a été en guerre de façon quasiment ininterrompue. Tant que les droits des Palestiniens seront bafoués à Gaza, en Cisjordanie, en Israël, comme dans les nombreux camps de réfugiés au Liban, en Syrie ou en Jordanie, les Israéliens ne connaitront pas la sécurité.

Pour parvenir à la paix, il ne suffira pas que les Palestiniens et les Israéliens se choisissent d’autres dirigeants et qu’ils abandonnent leur politique nationaliste consistant à éliminer le peuple voisin. Il faudra même plus que la reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer de leur propre État : il faudra le renversement de l’ordre impérialiste.

Car celui-ci a non seulement créé et entretenu le chaos dans la région en multipliant des divisions artificielles, mais il condamne les peuples des pays pauvres à la misère, la dépendance et l’exploitation, comme c’est le cas pour la population travailleuse des pays du Moyen-Orient.

Derrière la cause palestinienne et le droit d’Israël à exister, il y a la cause de tous les travailleurs. Car la lutte contre l’impérialisme, c’est-à-dire contre le capitalisme, est le seul chemin qui permettra aux peuples de vivre réellement ensemble et sur un pied d’égalité au Moyen-Orient et à l’échelle du monde.

Ceux qui veulent agir pour mettre fin à l’engrenage sanglant ont un rôle à jouer : participer à la construction d’un parti pour renverser les exploiteurs à l’échelle internationale. Un parti capable de réunir travailleurs musulmans, juifs, catholiques, athées… soucieux de lutter contre les divisions créées par le racisme et l’antisémitisme. Un parti défendant l’idéal d’égalité, de fraternité et de paix pour tous les opprimés de la planète. Un parti visant l’édification de la seule société susceptible d’y parvenir : une société socialiste.

 Nathalie Arthaud

Le 30 octobre 2023

mardi 24 octobre 2023

Halte au massacre à Gaza !

Rien ne peut justifier ce qui se passe aujourd'hui à Gaza. Depuis quinze jours, la terreur s’est abattue sur les Palestiniens de cette mince bande de terre.

Habitations, hôpitaux, écoles sous administration de l’ONU, mosquées ou églises… les deux millions et demi d’habitants n’ont nulle part où se mettre à l’abri des bombardements. Nulle part où s’approvisionner en nourriture, en eau, en carburant ou en médicaments.

L’aide humanitaire est une goutte d’eau dans cet océan de souffrances. Avec plus de 4 600 morts, des quartiers entiers rasés, des hôpitaux débordés, la tragédie se déroule sous les yeux du monde entier. C’est une politique de vengeance aveugle de la part de l’État israélien, et personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Et le pire est peut-être à venir !

L’armée israélienne entrera-t-elle dans Gaza ? Creusera-t-elle encore le fossé de sang et de haine qui sépare les Palestiniens des Israéliens ? Et avec quel objectif ? Occuper Gaza ? En raser une partie ? Toutes ces hypothèses sont sérieusement envisagées par l’État d’Israël et ses conseillers impérialistes. Rien que cela montre le degré de barbarie atteint par la société.

De ces événements dépend l’avenir des Palestiniens et des Israéliens pour des décennies. De ces événements dépend l’avenir du Moyen-Orient et peut-être du monde, car qui peut être sûr que cela n’embrasera pas la planète ?

Même les dirigeants des grandes puissances, Biden en tête, ne peuvent le garantir. La semaine dernière, le président des États-Unis a demandé à Netanyahou « de ne pas être consumé par la rage », mais il ne met pas son veto à une intervention terrestre ni n’appelle l’armée israélienne à cesser le feu. Les États-Unis ont même déployé deux porte-avions dans la région et ont envoyé de nouvelles armes en Israël. Macron s’y rend mardi 24 octobre avec le même message de soutien.

Alors oui, le carnage perpétré aujourd'hui à Gaza se fait avec la complicité des puissances impérialistes. Il n’y a rien d’étonnant à cela : elles n’ont jamais cessé de soutenir Israël, malgré la colonisation, malgré la spoliation et l’oppression systématique des Palestiniens, qu’ils vivent à Gaza, en Cisjordanie ou en Israël.

Depuis des décennies, ces grandes puissances occidentales qui se prétendent démocratiques, ont fait de l’État d’Israël leur bras armé dans la région. Elles ont couvert tous ses crimes et elles continuent.

Ces mêmes grandes puissances ont créé partout dans le monde des situations explosives. C’est particulièrement vrai dans ce Moyen-Orient riche en pétrole, où elles ont imposé leur domination en taillant dans la chair des peuples, en s’appuyant sur les monarchies et les dictatures les plus rétrogrades, comme celle de l’Arabie saoudite. Et quand ces régimes manquaient de docilité, elles les ont écrasés, comme ce fut le cas avec Saddam Hussein en Irak.

Aujourd'hui, l’Irak, la Syrie, la Libye, le Liban, la Jordanie, l’Iran et le Yémen sont aussi des bombes sociales, avec des dizaines de millions de pauvres parfois aussi désespérés que les Palestiniens. Dans cette situation où la moindre étincelle peut provoquer une déflagration, les grandes puissances laissent Netanyahou jouer avec le feu.

Alors, il n’y a rien à attendre de leur part. L’ONU n’est qu’un théâtre sans pouvoir. Et ce que l’on appelle la « communauté internationale » n’est que la feuille de vigne de la domination des pays les plus riches, lesquels passent leur temps à se déchirer pour leur droit à piller le monde.

En Ukraine, les puissances impérialistes et la Russie s’affrontent par Ukrainiens interposés. Le bras de fer entre les États-Unis et la Chine peut dégénérer en conflit armé de mille façons. Et toutes les grandes puissances se placent déjà dans la perspective d’une troisième guerre mondiale.

L’espoir ne peut venir que des peuples eux-mêmes. Il viendra de ceux qui s’élèveront contre l’impérialisme et ses manœuvres. Il viendra de ceux qui comprendront la nécessité de combattre le capitalisme et la grande bourgeoisie, dont la politique est de dresser les peuples les uns contre les autres pour asseoir sa domination.

Renverser l’impérialisme pour établir une société égalitaire, débarrassée de l’exploitation et des rapports de domination est la seule issue pour l’humanité. Cette perspective est à l’opposé des politiques nationalistes visant à défendre les intérêts d’un peuple au détriment des autres. À l’opposé de la politique de Netanyahou en Israël et de la politique du Hamas en Palestine.

Seule l’union des travailleurs de tous les pays contre les dirigeants du monde pourra briser l’engrenage guerrier dans lequel ils nous entraînent.

Nathalie Arthaud

le 23 octobre 2023

lundi 16 octobre 2023

A Gaza, la barbarie engendrée par la domination des grandes puissances

 


Après les atrocités commises par le Hamas, Israël fait régner la terreur sur Gaza, au vu et au su du monde entier et, même, avec la bénédiction des puissances impérialistes, dont la France.

Privés d’électricité, de nourriture et d’eau, plus d’un million de Palestiniens sont sommés de fuir la ville vers le sud de Gaza sous un tapis de bombes qui a déjà fait 2700 morts dont 700 enfants. Pour aller où et vivre comment ? Personne ne le sait. La bande de Gaza était une prison à ciel ouvert, elle est en train de devenir un cimetière.

Les peuples palestinien et israélien vont payer ce nouveau bain de sang durant de longues années. Mais c’est une tragédie dans laquelle les puissances impérialistes les ont plongés.

La guerre entre Israël et la Palestine n’est pas née de haines ancestrales, ni d’un conflit religieux. Derrière elle, comme derrière la guerre en Ukraine, il y a les intérêts, les calculs et les rivalités des grandes puissances.

Pour comprendre ce drame, il faut remonter à la Première Guerre mondiale, quand la France et la Grande-Bretagne se partageaient le Proche-Orient, alors partie de l’Empire ottoman.

En 1917, la Grande-Bretagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Balfour, promettait aux organisations sionistes la création d'un foyer national juif en Palestine. Parallèlement, elle s’engageait auprès des Arabes pour créer, après-guerre, un vaste royaume arabe incluant la Palestine. La Palestine devenait ainsi une terre deux fois promise ! Et ce n’était pas pour faire vivre les deux peuples en bonne entente, c’était pour les utiliser, l’un contre l’autre, comme les puissances européennes le firent dans tant de colonies.

Comble de cynisme, à partir de 1939, les dirigeants britanniques fermèrent les portes aux Juifs persécutés dans toute l’Europe puis à ceux qui avaient survécu à l’extermination nazie. Il s’agissait, cette fois, de s’attacher les faveurs des Arabes.

En 1948, les États-Unis, désormais maîtres du monde, reconnaissaient la création d’Israël contre la volonté des États arabes voisins. Les Palestiniens étaient chassés en masse, transformés en réfugiés à vie dans des camps surpeuplés ou en citoyens de seconde zone en Israël.

Les États-Unis comprirent tout l’intérêt qu’ils pouvaient retirer de l’existence d’un État tel qu’Israël dans cette région riche en pétrole, mais aussi traversée par de profondes inégalités et une grande misère. Ils firent donc d’Israël leur allié et premier défenseur dans la région.

Les puissances impérialistes n’agirent ni par humanité ni en reconnaissance du génocide, comme elles le prétendent aujourd'hui. Elles le firent par amour du pétrole et du commerce.

Depuis lors, les puissances impérialistes ont systématiquement couvert la politique d’oppression, de spoliation et de terreur de l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Elles continuent aujourd'hui en soutenant la vengeance sanglante de l’armée israélienne sur les civils de Gaza.

C’est derrière cette politique révoltante que Macron nous appelle à l’unité nationale. Il faut refuser de marcher. Le Hamas a commis des monstruosités, mais ce n’est pas une raison pour soutenir celles, perpétrées à plus grande échelle, par l’État d’Israël avec la complicité de nos propres dirigeants. C’est précisément cette politique de terreur qui permet au Hamas de recruter.

Les gouvernants des grandes puissances mettent de l’huile sur le feu partout, au Moyen-Orient, en Ukraine, en Asie. Ils nous entraînent dans une évolution guerrière catastrophique.

Le nouvel attentat meurtrier contre un professeur à Arras en est un terrible contre-coup. Là encore, le gouvernement nous appelle à défendre « nos valeurs », alors que toute sa politique consiste à épouser les postures d’extrême droite, à stigmatiser les musulmans et les travailleurs immigrés.  

Les travailleurs de France, de Palestine, d’Israël, du monde arabe comme d’Afrique, sont entrainés par leurs dirigeants respectifs dans une impasse économique, sociale et guerrière.   

Du fait des migrations et de l’interdépendance économique créée par le capitalisme, jamais les peuples du monde n’ont été aussi intimement liés. Mais la politique de la classe dominante, qui consiste à diviser pour régner, creuse des fossés de haine et de sang entre peuples voisins, voire entre travailleurs d’un même pays.

Cette politique conduit à la catastrophe. L’appel de Karl Marx, « Prolétaires de tous les pays unissons-nous ! », doit être relayé par tous les travailleurs conscients.

Unissons-nous pour renverser la grande bourgeoisie et prendre la société en main à l’échelle de la planète. C’est le seul moyen de parvenir à une société réellement humaine, débarrassée de l’exploitation, de la misère, de la guerre et de ses atrocités.

Nathalie Arthaud

Le 16 octobre 2023

mardi 10 octobre 2023

Israéliens et Palestiniens, dans le piège sanglant créé par l'impérialisme

 

 

Le Moyen-Orient est à l’image d’un monde soumis à la domination impérialiste de la bourgeoisie : un immense brasier. Après l’Irak et la Syrie, la guerre embrase de nouveau Israël et Gaza, menaçant toute la région d’une nouvelle conflagration.

Cette situation a été créée par les manœuvres des puissances impérialistes, au siècle dernier, où elles découpaient le monde en traçant les frontières garantissant leur hégémonie. Et le Moyen-Orient, riche en pétrole, était l’objet de toutes leurs convoitises.

C’est ainsi que les Palestiniens et les immigrants juifs se sont retrouvés au milieu d’un champ de bataille. Les premiers vivaient sous la domination britannique, déjà contestée par la puissance américaine. Quant aux seconds, ils arrivaient dans la région, fuyant les pogroms antisémites ou rescapés des camps d’extermination.

Il y avait de la place pour les deux peuples. Mais les prétendus protecteurs de la région n’ont rien fait pour favoriser cette coexistence. Ils ont, au contraire, joué un peuple contre l’autre, pour assurer leur influence.

En 1948, les États-Unis soutinrent la création d’Israël en tant qu’État juif. Les Palestiniens en furent chassés en masse, transformés en réfugiés à vie dans des camps surpeuplés ou en citoyens de seconde zone en Israël. Les Israéliens devinrent les gardiens de cette prison.

Les Palestiniens ont été spoliés de leurs terres, expulsés de leurs maisons et enfermés, notamment dans cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les deux millions de Gazaouis sont collectivement punis par un blocus qui leur impose des conditions de vie innommables, quand leurs immeubles ne sont pas bombardés par l’armée d’Israël. Cette politique a un nom : le terrorisme d’État.

Dans les deux camps, les politiques nationalistes ont contribué à porter au pouvoir les plus extrémistes. En Israël, Netanyahou gouverne désormais avec les ultranationalistes religieux et racistes. Son gouvernement a intensifié la colonisation de la Cisjordanie, aggravé les mesures d’apartheid et encouragé les milices d’extrême droite à terroriser les Palestiniens.

À cette terreur d’État, le Hamas a opposé une politique qui mène les Palestiniens dans l’impasse.  Celle-ci ne témoigne pas seulement d’un mépris pour la vie des civils israéliens, mais aussi de la vie de son propre peuple, les Palestiniens de Gaza, de nouveau soumis à l’enfer des bombardements. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas le choix car le pouvoir du Hamas s’exerce comme une dictature. 

Si le Hamas a soudé nombre de Palestiniens derrière lui, c’est qu’il est le seul à offrir une issue à la révolte qui bouillonne dans la jeunesse palestinienne. Mais la politique du Hamas, comme celle de Netanyahou, ne fait que creuser un fossé de sang entre les deux peuples.

Ces 75 années de politiques nationalistes de part et d’autre, des plus modérées aux plus extrémistes, ont conduit à la situation terrifiante actuelle. Elles démontrent qu’un peuple qui en domine un autre ne peut vivre en sécurité, ni être un peuple libre.

Le drame, c’est que les pires nationalistes sont encouragés par le climat guerrier créé par la guerre en Ukraine et les discours belliqueux des dirigeants des grandes puissances. C’est vrai en Azerbaïdjan, au Haut-Karabakh ou au Kosovo, où s’affrontent Albanais et Serbes.

Contre cette évolution catastrophique, affirmons que des peuples différents, parlant des langues différentes et ayant des coutumes ou des religions différentes, peuvent parfaitement vivre côte à côte. Ils l’ont souvent fait au cours des siècles passés.

Pour y réussir, il faut combattre les dirigeants actuels de la société, et d’abord la bourgeoisie impérialiste qui dresse les peuples les uns contre les autres. Diviser pour régner est la base de sa politique de domination. Ne marchons pas !

Ni les peuples, ni les travailleurs n’ont d’intérêt à ces divisions. Ils partagent tous la même aspiration à vivre en paix. Il leur faut trouver un terrain d’entente. Et celui-ci existe dans le fait qu’ils partagent tous une vie de labeur, une vie d’exploitation. Nos dirigeants nous rassemblent dans l’exploitation, ne les laissons pas nous diviser !

Partout, il y a, comme ici, des travailleurs en butte à leurs gouvernants. Assimiler le peuple palestinien à la politique du Hamas, ou identifier les Israéliens à la politique de Netanyahou et des colons est aussi stupide que ranger les Français derrière Macron.

En Israël, des travailleurs palestiniens et israéliens travaillent souvent ensemble. Il faut qu’ils retrouvent la conscience de leurs intérêts communs. Seule cette fraternité de classe pourra créer l’élan susceptible de dépasser les haines accumulées au cours de décennies d’affrontements.

Nathalie Arthaud

Le 9 octobre 2023

mardi 3 octobre 2023

Hausse des prix : les ministres s'agitent, les capitalistes décident

 

  

« On ne reviendra pas aux prix d’avant », a reconnu Bruno Le Maire alors que l’inflation se maintient officiellement à 5 % par an.

Le carburant frise les 2 euros le litre. Les prix de l’alimentaire ont pris 20 % en deux ans. Ceux qui se sont saignés pour acheter leur logement voient leur taxe foncière exploser. Chaque passage au supermarché, chaque plein à la pompe, chaque facture deviennent sources d’angoisse.

Mois après mois, de nouvelles fractions de travailleurs sous-payés, de chômeurs mal indemnisés, de jeunes sans revenu ou de retraités aux petites pensions, sont poussés vers la pauvreté. Le cri d’alarme lancé par le président des Restos du cœur vaut mieux que toutes les statistiques : en France, des millions de personnes ne pourraient manger à leur faim sans les associations caritatives.

Borne et Le Maire prétendent combattre l’inflation. Mais, s’ils savent brandir le gros bâton pour obliger les titulaires du RSA à travailler 15 heures par semaine contre une aumône de 600 euros par mois, ils refusent d’imposer quoi que ce soit aux capitalistes.

La proposition avortée d’Elisabeth Borne d’autoriser la vente à perte du carburant est une leçon de choses. La mesure à peine annoncée, les patrons de la grande distribution l’ont sèchement rejetée. Vendre à prix coûtant pour se faire de la pub, pas de soucis ; vendre à perte, c’est niet !

Le gouvernement annonce-t-il une taxe sur les richissimes sociétés d’autoroutes ? En moins d’une demi-heure, les patrons de Vinci, Eiffage et autres concessionnaires privés répondent qu’ils la répercuteront sur les automobilistes !

Les ministres s’agitent, mais ce sont les capitalistes qui décident. Ce sont eux qui fixent leurs prix dans le secret des affaires.

L’inflation n’est pas un phénomène mystérieux. Elle résulte de la guerre entre capitalistes pour accaparer la plus grande part de profits. Les plus puissants, dans l'énergie ou le transport maritime, ont augmenté leurs prix. Chaque événement, pandémie, guerre, sécheresse, bouscule les rapports de force entre eux et sert de prétexte pour augmenter les prix. À chaque étape, industriels, distributeurs ou spéculateurs répercutent ces hausses en ajoutant leur propre marge. Au bout de la chaîne, les classes populaires sont saignées.

Le prix du carburant s’envole parce que les raffineurs ont multiplié leur marge par dix depuis 2021. Et le gouvernement en est encore à se demander s’ils ne feraient pas des « super-marges » ! Du côté de l’alimentaire, industriels et grande distribution s’accusent mutuellement d’avoir augmenté leurs prix. Ils parlent en connaisseurs car ils l’ont tous fait et sont tous des profiteurs !

Sous l’Ancien régime, les rois créaient de nouveaux impôts pour améliorer leur train de vie. Aujourd’hui, les capitalistes s’octroient de superbes marges que nous payons au quotidien. Ces rois des temps modernes sont des parasites et des irresponsables. Leur avidité est en train de détraquer tout le système et de compromettre leurs propres affaires.

Les prix flambent et les salaires sont bloqués, ce qui diminue la consommation. La hausse des taux d’intérêts imposée par les banques centrales renchérit les emprunts, et il devient impossible d’acheter un logement ou une voiture. Des petites entreprises font faillite faute de pouvoir renouveler un crédit. L’immobilier plonge dans la crise et la récession menace.

Mais les rois du pétrole ou du luxe s’en fichent. La production peut s’effondrer, des millions de travailleurs dépendre de l’aide alimentaire ou se retrouver à la rue, ces gens-là continueront de sillonner la planète dans leurs jets privés, de se payer des bouteilles à 3000 euros et de racheter leurs concurrents à coup de milliards.

Comble du cynisme, les industriels français se réjouissent d’avoir gagné en compétitivité parce que les salaires ont augmenté moins vite en France que chez leurs concurrents chinois, américains ou allemands. On ne saurait mieux dire que les profits des capitalistes sont réalisés en volant les travailleurs !

Aux États-Unis, les travailleurs de l’automobile font grève pour des augmentations de salaires. Là-bas comme ici, la seule façon de ne pas tomber dans la pauvreté ou la déchéance, c’est d’imposer que les salaires rattrapent les 400 ou 500 euros perdus ces dernières années. Tous les salaires, toutes les pensions et les allocations doivent être indexés en temps réel sur la hausse des prix !

Ces mesures ne sortiront pas du dialogue social. Pour les imposer, la seule classe utile dans la société, celle qui produit tout, celle des travailleurs, doit menacer la machine à profits des capitalistes.

 Nathalie ARTHAUD

 Le 2 octobre 2023