mardi 26 décembre 2017

Macron, ses ministres et députés, au combat contre les travailleurs

En cette période de Noël, ayons une petite pensée pour les pauvres… députés macronistes. Plusieurs d’entre eux se sont plaints de leurs conditions de travail. Certains gagnaient auparavant 20 000 euros par mois et, a expliqué l’un d’entre eux, « se retrouvent avec quatre fois moins », alors qu’ils travaillent « beaucoup plus ». Une autre députée, également payée 5 000 euros par mois, s’épanche, sans rire : « Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager. » Elle n’est pas sûre de « tenir jusqu’au bout » ! Une autre regrette que son mari soit contraint à la même diète qu’elle, malgré son goût pour les belles voitures : il ne pourra pas acheter une Porsche Cayenne à cause du regard des « gens malveillants » : « C’est terrible », pleurniche-t-elle. Et ce sont ces gens-là qui trouvent que le SMIC, avec ses 1150 euros net mensuels, est trop élevé !

Les ministres n’ont pas osé se plaindre de leurs revenus. Il faut dire qu’ils ont déjà du patrimoine, comme cela a été récemment publié. Une douzaine d’entre eux sont millionnaires, le pompon revenant à Muriel Pénicaud, ancienne DRH de Danone, où elle avait empoché un million d’euros pour avoir mis en œuvre un plan de licenciements. Elle poursuit en quelque sorte sa tâche au ministère du Travail.

Quant à Nicolas Hulot, « ministre de la Transition écologique », il possède certes un scooter électrique, mais aussi six voitures dont une BMW et une Land Rover, une grosse moto et un bateau à moteur. Il est vrai qu’il n’avait promis la fin des voitures diesel et essence que pour 2040…

Ces députés et ministres, censés « faire de la politique autrement » et incarner « la société civile », représentent surtout les milieux patronaux et les plus riches. Il est logique que leur politique soit tout entière dévouée à la classe capitaliste.

Depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir, l’ex-banquier Macron et ses sbires ont porté bien des coups au monde du travail. Ils sont allés au pas de charge et se disent aujourd'hui « fatigués »… Avec les ordonnances travail, ils ont donné toute latitude au patronat pour licencier et revoir à la baisse les accords d’entreprise. En plafonnant les indemnités prud’homales, ils ont satisfait une demande du Medef : les salariés ne pourront même plus espérer un petit pécule quand ils seront licenciés abusivement.

En même temps, le gouvernement a abaissé les APL. Au 1er janvier, il augmente la CSG de 1,7 point – une mesure dont les retraités paieront le prix fort. Et, dans les mois à venir, d’autres attaques sont prévues, avec la réforme de l’assurance chômage, qui vise notamment à réduire les indemnités versées aux demandeurs d’emploi.

D’une manière ou d’une autre, ils font payer aux classes populaires les cadeaux fiscaux faits aux riches. Car en même temps, le gouvernement Macron-Philippe supprime l’impôt sur la fortune et réduit celui sur les sociétés.

Dans sa guerre contre les classes populaires, il ne recule pas devant les mesures les plus crasses contre les migrants, les pauvres parmi les pauvres. Le ministre Collomb exige des préfets et des policiers qu’il y ait plus d’expulsions. Les contrôles aux frontières sont durcis, obligeant ceux qui fuient la guerre, la dictature ou la faim, à prendre des risques toujours plus grands pour gagner la France ou la Grande-Bretagne. Le droit d’asile est bafoué. Le gouvernement veut traquer les migrants jusque dans les centres d’hébergement gérés par les associations. Et il prépare une loi « asile et immigration » qui vise à durcir encore l’accueil des étrangers et à faciliter leur expulsion.

C’est une véritable guerre sociale que Macron et son gouvernement mènent aux travailleurs et aux plus pauvres. Mais s’ils se pavanent, comme Macron dans son palais de l’Élysée la semaine dernière, c’est qu’ils n’ont rencontré pour l’instant qu’une résistance limitée. Le monde du travail garde toutes ses forces. Il nous reste à nous en servir contre ces attaques en règle et à utiliser les armes dont disposent les travailleurs : les luttes, les grèves et les manifestations de masse.

Alors, s’il n’y a aucun doute sur les projets du gouvernement pour 2018, souhaitons que cette année soit celle de la riposte ouvrière. Souhaitons que, comme il y a 50 ans, lors de la grève générale de mai et juin 1968, la classe ouvrière refuse de continuer à subir.

Alors, le roitelet Macron ravalera sa morgue, et ses petits marquis du Parlement auront de bonnes raisons de pleurnicher.
 
Le 25 décembre 2017

lundi 18 décembre 2017

Catalogne : le piège du nationalisme

Les élections régionales qui doivent avoir lieu le 21 décembre en Catalogne constituent un nouvel épisode du conflit qui oppose depuis des années les partisans de l’indépendance de cette région et l’État central espagnol.

Ce conflit s’est aggravé depuis l’organisation par le gouvernement régional catalan d’un référendum le 1er octobre dernier, consultation qui a été suivie de la proclamation d’une république indépendante catalane.

En face, le Premier ministre espagnol de droite Rajoy, qui avait interdit le référendum et envoyé en Catalogne des policiers et des gardes anti-émeutes, avait placé les institutions locales de Catalogne sous la tutelle de l’État central. Les élections organisées cette semaine doivent renouveler le parlement catalan qui a été dissous.

Mais quel que soit le résultat, la classe ouvrière, celle de Catalogne comme celle des autres régions, ne pourra compter que sur ses propres luttes pour défendre ses intérêts contre les classes possédantes qui exercent la réalité du pouvoir dans toute l’Espagne.

La lutte entre les nationalistes catalans et le gouvernement espagnol pour le contrôle d’une partie des institutions de l’État oppose des politiciens et des partis aussi réactionnaires et aussi anti-ouvriers les uns que les autres.

Tous les gouvernements espagnols, étiquetés socialistes ou de droite, n’ont cessé de s’attaquer aux droits et aux conditions de vie des travailleurs et des classes populaires pour permettre aux grandes banques et aux grandes entreprises d’augmenter leurs profits. Partout en Espagne, depuis la crise de 2008, les travailleurs subissent les licenciements, la précarité, et des millions d’entre eux sont condamnés au chômage et aux emplois à temps partiel sous-payés.

Pour tenter d’obtenir le soutien de la population face au gouvernement espagnol, les nationalistes prétendent qu’une Catalogne indépendante se montrerait plus soucieuse des intérêts de sa population. C’est un mensonge ! À la tête du gouvernement régional, les dirigeants indépendantistes ont eux aussi mené une politique d’austérité visant à faire payer la crise aux travailleurs.

En réalité, ces mouvements cherchent à se hisser au pouvoir en s’appuyant sur une couche de notables et de possédants qui, en Catalogne, aspirent à profiter des ressources locales sans avoir à les partager avec les classes dirigeantes du reste du pays.

Pour les travailleurs, le nationalisme constitue une impasse et un piège. Il divise une classe ouvrière qui, dans cette région, est constituée de femmes et d’hommes originaires depuis des décennies de Catalogne et d’autres régions d’Espagne, et plus récemment du Maghreb et d’Afrique. Il dresse les uns contre les autres des travailleurs qui vivent dans les mêmes villes et les mêmes quartiers et travaillent dans les mêmes entreprises.

Le nationalisme catalan alimente en réaction le nationalisme espagnol et permet ainsi aux courants les plus à droite d’élargir leur audience dans le reste du pays. Le gouvernement Rajoy qui s’était déconsidéré trouve une occasion de regagner un soutien en apparaissant comme le défenseur de l’unité nationale face au séparatisme catalan.

Des deux côtés, le nationalisme est utilisé par les politiciens pour se servir des populations comme d’une masse de manœuvres dans leur lutte pour le pouvoir.

Il y a bien des raisons de se sentir concerné, ici en France, par ce que vivent en ce moment les travailleurs d’Espagne, et pas seulement du fait de la proximité géographique et des liens étroits créés par l’immigration.

Ici aussi, en France, depuis des années, nous subissons la crise, les licenciements, le chômage, la montée de la pauvreté et le recul des droits sociaux. Et, comme en Espagne, il ne manque pas de partis et de démagogues utilisant le nationalisme afin de nous diviser et nous détourner de la lutte contre les vrais responsables de la crise, les capitalistes et les gouvernements à leur service.

La classe ouvrière est internationale. Ici même, en France, elle est constituée de femmes et d’hommes originaires des quatre coins du monde. Les travailleurs ne peuvent défendre leur droit à vivre dignement face à leurs exploiteurs qu’en étant unis et solidaires. Quelles que soient leurs origines et leur nationalité, ils ont partout les mêmes intérêts et une lutte commune à mener pour parvenir à bâtir un monde débarrassé des frontières et de l’exploitation.
Le 18 décembre 2017

lundi 11 décembre 2017

Trump et les grandes puissances, complices d'Israël contre les Palestiniens

En déclarant qu’il comptait reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, Trump a montré l’arrogance et le mépris du dirigeant impérialiste qu’il est. Que ce bouffon provocateur ait fait cette annonce pour des raisons de politique intérieure, par démagogie vis-à-vis de son électorat anti-arabe et anti-musulman, n’y change rien.

Alors que les Palestiniens considèrent depuis toujours cette ville comme la capitale d’un futur État indépendant, Trump leur a signifié que pour les États-Unis, il n’en sera pas question. Il a ainsi entériné officiellement l’annexion de Jérusalem-Est par les troupes israéliennes à l’issue de la guerre des Six jours de 1967. Tout « démocratiques » que les États-Unis prétendent être, ils soutiennent les spoliations auxquelles l’État d’Israël se livre depuis des décennies aux dépens des Palestiniens.

Quand, après la Seconde Guerre mondiale, l’État d’Israël a été fondé contre la puissance coloniale britannique, cela répondait à l’aspiration légitime de nombreux Juifs qui avaient survécu aux persécutions et au génocide nazi, d’avoir leur propre État. Mais il n’était pas écrit qu’il se construise contre le peuple palestinien, dont le droit à un État était tout aussi légitime : les deux peuples auraient pu cohabiter sur une même terre, comme c’est le cas dans tant d’endroits du monde. Or, depuis l’origine, l’État d’Israël s’est construit sur l’oppression des Palestiniens, en les pourchassant, en les parquant dans des camps et en en faisant des réfugiés sur leur propre terre.

Aujourd'hui, les Palestiniens n’ont pas d’État, mais deux territoires séparés, grignotés par la colonisation, morcelés par des murs infranchissables et des frontières étroitement contrôlées ; deux vastes prisons à ciel ouvert, sans possibilité de développement économique, sans liberté de mouvement, sous la botte permanente de l’armée et de la police israéliennes.

La décision de Trump a été suivie d’un concert de désapprobation, du secrétaire de l’ONU à Macron, en passant par tous les dirigeants européens. Quelle hypocrisie ! Si le petit État d’Israël a pu maintenir sous son joug le peuple palestinien, c’est qu’il bénéficie depuis des décennies de la bienveillance des grandes puissances. Les résolutions de l’ONU ont condamné les annexions, la colonisation des territoires occupés et le sort réservé aux Palestiniens. Israël s’en est soucié comme d’une guigne, parce que ses dirigeants se savent soutenus par les grandes puissances.

Pour celles-ci, le Proche-Orient est un ancien domaine colonial, un vaste champ de pétrole où elles ont leurs intérêts. C’est ainsi qu’avec d’autres États, comme l’Arabie Saoudite, Israël joue dans la région le rôle de gardien des intérêts impérialistes. Alors, les États occidentaux peuvent verser périodiquement quelques larmes de crocodile sur le sort des Palestiniens et faire les gros yeux au gendarme israélien, les affaires continuent. Israël, dont le Premier ministre Netanyahou était reçu encore dimanche par Macron, sait que les États occidentaux l’appuieront, quoi qu’il fasse, dans la guerre sans fin qu’il livre aux Palestiniens.

Quant aux dirigeants des États arabes, ils sont tout aussi hypocrites. Au cours de l’histoire, ils ont traité les Palestiniens comme des ennemis, car ils redoutaient l’exemple que leur lutte représentait pour leurs propres peuples. Et ils n’ont pas hésité à les massacrer, comme lors du Septembre noir en Jordanie en 1970.

Le régime saoudien critique aussi la décision de Trump. Quelle sinistre farce ! Les rois du pétrole traitent leur propre population comme Israël traite les Palestiniens. Ils réduisent à un quasi-esclavage les millions d’immigrés qui bâtissent leurs villes et font fonctionner leurs puits de pétrole. Ils privent les femmes de droits les plus élémentaires : pouvoir travailler, étudier, obtenir un passeport ou ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur maître de mari. Ils écrasent les Yéménites sous les bombes. À l’égal d’Israël, ce régime féodal et réactionnaire bénéficie de la bienveillance des grandes puissances, dont la France, auxquelles il vend de l’or noir et achète des engins de mort.

Va-t-on vers une nouvelle intifada de cette jeunesse palestinienne sans avenir ? Son sort révoltant illustre en tout cas combien ce monde régi par les intérêts impérialistes est incapable de permettre aux peuples de vivre dignement. Trump vient de porter aux Palestiniens un coup supplémentaire, mais ses complices se nomment Macron, May et Merkel. Pour préserver leur ordre, les riches et les puissants de ce monde condamnent un peuple entier à la prison à vie.
 
Le 11 décembre 2017

lundi 4 décembre 2017

En Afrique comme en France, un même combat contre le système capitaliste !

Il faut tout le cynisme d’un Macron pour oser déclarer, comme il vient de le faire la semaine dernière lors de son déplacement en Afrique, qu’il n’y avait plus de « politique africaine de la France ».

Depuis 2014, plusieurs milliers de soldats français sont engagés au Mali dans une guerre qui, au nom de la lutte contre le terrorisme, fait régulièrement des victimes dans la population civile. L’armée française est présente en permanence dans plusieurs pays africains, y compris au Burkina Faso où Macron a prononcé son discours. Dans cette ancienne colonie française, la France n’a jamais cessé d’intervenir depuis l’indépendance, appuyant des coups d’État militaires et des dictateurs prêts à servir docilement les intérêts de l’impérialisme français.

Macron a déclaré qu’il était « d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire ». Si Macron est trop jeune pour avoir connu le temps des colonies, il est tout de même dans la lignée de tous les dirigeants politiques qui ont permis à la bourgeoisie française de s’enrichir grâce à la conquête coloniale.

La pauvreté de l’Afrique et la misère de l’écrasante majorité de sa population ne sont ni naturelles, ni une fatalité ; elles sont le résultat de siècles de pillage et de colonisation, dans lesquels la bourgeoisie française a une responsabilité de premier plan.

Les fortunes de nombreuses grandes familles bourgeoises ont été constituées grâce au commerce de millions d’Africains réduits en esclavage et vendus pour servir de main-d’œuvre dans des plantations en Amérique et aux Antilles. La colonisation, le pillage des matières premières, le sang et la sueur de millions d’exploités d’Afrique sont à l’origine des profits de bien des grandes entreprises et banques françaises. L’économie des colonies a été organisée pour répondre aux seuls intérêts des groupes capitalistes français comme Lesieur avec les plantations d‘arachide ou Boussac avec la culture du coton. Aujourd’hui, après avoir accédé à l’indépendance, les pays africains continuent d’être dépendants de l’impérialisme et victimes de sa barbarie.

Pour se démarquer de ses prédécesseurs, Macron reconnaît dans ses discours les crimes de la colonisation commis il y a plus d’un siècle. Mais, à la suite de tous les précédents gouvernements, il remplit son rôle de défenseur de l’ordre impérialiste et de ses crimes actuels. Si l’armée française mène la guerre dans cette partie de l’Afrique, ce n’est pas pour protéger sa population contre le terrorisme, comme Macron l’a encore répété. C’est pour défendre les intérêts d’Areva, de Bouygues, de Bolloré et de tous les capitalistes français qui font des profits dans cette région, qui reste une chasse gardée de l’impérialisme français.

Cette histoire nous concerne car elle est aussi la nôtre, à nous travailleurs, ici en France. Les bourgeois qui ont tiré profit du pillage de l’Afrique, ce sont les mêmes qui ont imposé des journées de travail de plus de 10 heures dans les mines et les usines sidérurgiques, dans les filatures du Nord et de Lorraine. Les travailleurs européens ont payé de deux guerres mondiales la volonté de leur propre bourgeoisie de dominer le monde et de se repartager les colonies. Depuis deux siècles, c’est la même oppression impérialiste qui broie les travailleurs en Europe comme en Afrique.

Le système capitaliste entretient le sous-développement des pays les plus pauvres et plonge dans la misère des millions de femmes et d’hommes. Ici, en France, nous avons à nous défendre contre un patronat qui condamne des millions de personnes au chômage et qui rêve de faire reculer la condition ouvrière à ce qu’elle était au 19ème siècle, quand les travailleurs étaient privés de droits et vivaient au jour le jour, sans aucune sécurité.

Alors, nous débarrasser du capitalisme, ôter aux grandes entreprises leur mainmise sur toute l’économie, est vital pour mettre fin aux inégalités et à l’exploitation du travail salarié. C’est l’intérêt des travailleurs et de tous les exploités.

Il est essentiel qu’il y ait des femmes et des hommes pour affirmer autour d’eux, dans les entreprises et dans les quartiers populaires, que les travailleurs constituent par-delà les frontières, la couleur de peau ou la nationalité, une même classe sociale qui est la seule à pouvoir en finir avec ce système injuste et barbare.
 
Le 4 décembre 2017